Hérault : les stations-service défaillantes mettent en péril la sécurité routière
Dans l'Hérault, une situation alarmante se dessine concernant l'entretien des véhicules et la sécurité sur les routes. Entre 2005 et 2009, pas moins de 43 accidents ont été recensés dans le département, impliquant des véhicules aux pneumatiques usés. Ce chiffre, déjà préoccupant, prend une dimension encore plus critique à la lumière d'une récente enquête menée par l'association de consommateurs UFC – Que Choisir.
Une enquête édifiante sur le terrain
L'association a présenté hier les résultats d'une vaste étude réalisée du 30 avril au 15 mai 2011. Cette enquête a couvert un large territoire, incluant le Grand Montpellier (à l'exception de Lattes, Palavas et Pérols), La Grande-Motte, le Lovédois, le Clermontois et le Gangeois. Au total, 81 stations-service ont été répertoriées, dont 69 étaient encore en activité au moment de l'étude.
Le constat est sans appel : moins de la moitié de ces stations, précisément 32, sont équipées d'un dispositif de gonflage des pneus à la fois en état de marche et gratuit. Claude Goubert, président de l'association locale, souligne l'ampleur du problème : "La sécurité routière préconise de vérifier la pression des pneus une fois par mois ou avant un long trajet. Or, certains adhérents de l'association locale ont eu du mal à trouver une station de gonflage."
Une fracture territoriale préoccupante
La répartition géographique de ces équipements aggrave la situation. En effet, 75% des stations disposant de gonfleurs fonctionnels se situent en ville, tandis que 16% sont implantées dans la périphérie des agglomérations. Cette concentration urbaine laisse les zones rurales et les axes routiers majeurs particulièrement démunis.
"C'est un service gratuit qui a tendance à disparaître par manque d'entretien. De plus, la fracture territoriale s'accroît", déplore Claude Goubert. Cette désertification en matière d'équipements de contrôle de la pression des pneus est d'autant plus inquiétante que les statistiques départementales révèlent une réalité accablante.
Des conséquences dramatiques sur les routes
Dans l'Hérault, 67% des accidents mortels se produisent sur des routes départementales et nationales, précisément là où les stations-service équipées font le plus défaut. En revanche, seulement 11% de ces accidents ont lieu sur les autoroutes, où les dispositifs de contrôle de pression des pneus sont obligatoires dans toutes les stations-service.
Cette disparité flagrante met en lumière un véritable enjeu de sécurité publique. Les conducteurs circulant sur les axes secondaires, souvent plus longs et plus fréquentés par les poids lourds, se retrouvent privés d'un outil essentiel pour vérifier l'état de leurs pneumatiques.
Une mobilisation associative pour exiger des mesures
Face à ce constat alarmant, l'UFC – Que Choisir entend intervenir activement. L'association prévoit de saisir le préfet et les élus locaux pour demander l'obligation de mise en place d'un dispositif de vérification et de gonflage des pneus dans toutes les stations-service du département.
Cette initiative vise à combler un vide réglementaire préjudiciable à la sécurité de tous les usagers de la route. En rappelant que des pneus correctement gonflés réduisent significativement les risques d'accidents, l'association espère sensibiliser les pouvoirs publics à l'urgence d'agir.
La situation dans l'Hérault illustre ainsi un problème plus large de maintenance des infrastructures routières et d'accès aux services essentiels pour les automobilistes. Alors que la sécurité routière reste une priorité nationale, cette enquête locale révèle des lacunes concrètes qui méritent une attention immédiate et des actions correctives rapides.



