Lunel et l'Hérault face au fiasco du nouvel examen du code de la route
Fiasco du code de la route à Lunel et dans l'Hérault

Un effondrement spectaculaire des résultats dans l'Hérault

Le tout nouvel examen du code de la route, mis en place depuis une semaine, provoque un véritable séisme dans le département de l'Hérault. Alors que le taux de réussite national frôlait habituellement les 70%, il est brutalement retombé à 16,7%. Dans l'Hérault, la chute est encore plus vertigineuse : le taux moyen de 68% s'est effondré à seulement 17%. Les auto-écoles de la région, particulièrement à Lunel, parlent ouvertement de "fiasco" et oscillent entre colère, impatience et incompréhension face à cette situation inédite.

Des questions inaccessibles pour les candidats

Chez Bonnamy, un moniteur d'auto-école confirme la tendance catastrophique : "J'ai présenté douze élèves la semaine dernière, aucun ne l'a eu. Les élèves nous ont dit qu'ils avaient eu des questions qu'ils n'avaient jamais révisées auparavant." La direction des questions a radicalement changé avec l'introduction de nouvelles thématiques. La sécurité, la mécanique et l'environnement se sont ajoutés aux questions plus classiques, créant une difficulté supplémentaire pour les candidats.

Le monateur argumente avec conviction : "Je pense que les personnes qui n'ont jamais tenu un volant ne peuvent pas y répondre." Cette opinion est largement partagée dans la profession, où l'on dénonce un examen devenu "totalement inaccessible" alors qu'il était autrefois considéré comme relativement simple à réussir.

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Un problème de coordination et de délais

Du côté de l'auto-école Salager, la surprise se double d'une pointe de colère. Jacques Salager, le patron, s'interroge sur les priorités : "Ils veulent corriger l'examen du code voiture alors qu'il est déjà bien assez difficile... Je pense qu'ils feraient mieux de créer un code pour les vélos. La plupart des accidents concernent les deux-roues et les piétons."

L'examen semble également souffrir d'un sérieux problème de coordination entre l'application de la réforme et les délais des fournisseurs de séries. "On a reçu les nouvelles séries il y a seulement trois semaines. Donc les élèves n'ont pas eu le temps de les apprendre", explique Jacques Salager. Il illustre son propos par un exemple concret : "Sur quatre élèves, un seul a réussi l'examen parce qu'il était au chômage. Il était là tous les jours."

Les autorités appellent à la patience

Face à cette situation tendue, les responsables tentent de tempérer les inquiétudes. Jean-Marc Malabave, responsable du service des examens du permis de conduire de la DDTM de l'Hérault (Direction départementale des territoires et de la mer), relativise : "Sur cette première semaine, on n'a eu que 100 examens. Ce n'est pas suffisant pour tirer des conclusions définitives."

Au sortir de cette première semaine difficile, Emmanuel Barbe - le Monsieur sécurité routière du gouvernement - appelait à la patience lors d'une déclaration publique. "Les choses vont se réguler. D'ici 15 jours, cela sera en partie redressé. On ne fait pas une réforme sans des moments d'ajustement", expliquait-il avec un certain optimisme.

Un mois test pour évaluer la situation

Le ministère a lancé une période d'évaluation pour vérifier la difficulté des nouvelles questions. Comme le rappelle Jean-Marc Malabave : "Le ministère est en train d'étudier les questions qui ont posé le plus de problèmes et de voir s'il faut les retirer ou non. Y a-t-il eu un problème de formulation, de libellé, de photo ? Cela peut arriver."

D'ici la fin du mois, si l'hécatombe se confirme, Jean-Marc Malabave annonce se mettre à la disposition des auto-écoles. Il ouvrira des places d'examen supplémentaires dans le département de l'Hérault en fonction des besoins exprimés. "Si les élèves veulent y retourner avant la fin du mois et que les auto-écoles ressentent une pénurie, il faut qu'elles me le disent. On fera le nécessaire", assure-t-il.

L'organisation des examens dans l'Hérault

À Lunel, la DDTM attribue en moyenne 250 places d'examen par mois aux auto-écoles locales. En fonction des besoins, les établissements prennent ou non ces créneaux. Les élèves qui le souhaitent peuvent également se rendre aux séances d'examens de Montpellier, offrant ainsi une alternative supplémentaire.

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Le département de l'Hérault compte au total huit centres d'examen répartis sur son territoire : Lunel, Montpellier, Béziers, Bédarieux, Sète, Pézenas, Clermont-l'Hérault et Ganges. Cette répartition géographique devrait permettre d'absorber une partie de la pression si des places supplémentaires doivent être ouvertes pour faire face à la situation actuelle.

Les professionnels du secteur et les candidats attendent maintenant avec impatience les prochains résultats pour voir si la tendance catastrophique des premiers jours va se confirmer ou si, comme le promettent les autorités, la situation va progressivement s'améliorer avec le temps et les ajustements nécessaires.