Un renforcement majeur du contrôle technique pour les deux-roues
C'est une avancée significative dans le domaine de la sécurité routière, visant spécifiquement ces engins aux mécaniques trafiquées et aux émissions sonores excessives. Ce nouveau critère de contrôle devrait permettre aux forces de l'ordre d'intervenir plus efficacement contre les usagers circulant sur des machines trop bruyantes et modifiées. Cependant, comme souvent, les priorités policières multiples et l'urgence d'autres missions peuvent limiter l'application stricte de ces mesures.
Les jeunes conducteurs particulièrement concernés
Les plus jeunes constituent le principal contingent d'utilisateurs de deux-roues motorisés et sont souvent les premiers à modifier leur moteur et pot d'échappement. Cette pratique risquée devient désormais plus périlleuse avec l'introduction d'une nouvelle règle permettant de vérifier l'état d'origine du véhicule contrôlé.
À compter du 1er mars 2026, le contrôle technique de la catégorie L1e, qui inclut les cyclomoteurs et scooters 50 cm³ ainsi que leurs équivalents électriques, se renforce considérablement avec l'arrivée du « céléromètre ». Cet équipement innovant mesure avec précision la vitesse réelle du deux-roues, rendant toute tentative de tricherie quasiment impossible.
L'assurance en jeu
Avec ce dispositif, les scooters et cyclomoteurs doivent impérativement respecter le plafond légal de 45 km/h. Cette mesure représente un progrès substantiel, sachant qu'une majorité de ces engins sont facilement débridés pour améliorer leurs performances. Ce simple fait remet en cause, en cas d'accident, la couverture des assurances, un élément crucial que les parents doivent absolument prendre en considération.
La Sécurité routière mène régulièrement des campagnes de sensibilisation ciblant ces pratiques à haut risque, mais sans un contrôle parental rigoureux, les jeunes conducteurs restent souvent peu réceptifs à ces messages préventifs.
Un cadre légal déjà existant
Il est important de rappeler que depuis le 1er janvier 2011, l'utilisation d'un cyclomoteur débridé sur la voie publique est punie d'une contravention de 4e classe, soit 135 euros, assortie de la confiscation du véhicule. Par ailleurs, depuis le 15 avril 2024, ne pas se soumettre au contrôle technique expose le conducteur d'un véhicule de catégorie L à une amende de 135 euros.
La catégorie L regroupe une grande variété de véhicules : cyclomoteurs à deux ou trois roues, motos, scooters, quadricycles légers à moteur, voitures sans permis, motocyclettes légères et tricycles à moteur.
Le céléromètre : un outil de prévention essentiel
Le céléromètre permettra de « vérifier si le véhicule respecte bien la limitation à 45 km/h, détecter toute modification ou anomalie (volontaire ou non) et prévenir les risques liés à une surpuissance », explique Laurent Palmier, président du réseau Sécuritest. Cet appareil s'inscrit pleinement dans une démarche de prévention et de sécurisation des trajets quotidiens des jeunes titulaires du permis AM.
Ces conducteurs, qui peuvent accéder à ces engins dès 14 ans, se retrouvent souvent au volant de véhicules qui, une fois débridés, peuvent atteindre près de 70 km/h, voire 90 km/h avec un kit spécifique, bien loin des 45 km/h autorisés par la réglementation.
Une problématique de sécurité publique majeure
Le céléromètre qui va entrer en service constitue un moyen efficace de vérifier rapidement la vitesse maximale d'un deux-roues motorisé et, s'il a été modifié, de le retirer de la circulation. Pour réussir le contrôle technique sans difficulté, il suffira probablement de remettre le véhicule en configuration d'usine, une opération qui ne devrait prendre que quelques minutes.
Mais le cœur du problème réside dans la dangerosité intrinsèque de ces véhicules, impliqués dans de nombreux accidents graves. Les statistiques de 2025 sont particulièrement éloquentes : les usagers de deux-roues motorisés représentent 23 % des personnes tuées sur les routes, 32 % des blessés graves et 36 % des blessés qui garderont des séquelles un an après l'accident, alors qu'ils ne représentent que moins de 2 % du trafic motorisé total.
Cette disproportion flagrante souligne l'urgence de mesures concrètes comme l'introduction du céléromètre, qui pourrait contribuer significativement à réduire le nombre d'accidents impliquant des deux-roues modifiés et ainsi sauver des vies sur les routes françaises.



