Depuis le 1er janvier 2026, le Var enregistre 55 accidents de plongée, dont deux mortels, selon les chiffres communiqués par la préfecture maritime. Ce bilan, arrêté au 20 juin, représente une augmentation de 15 accidents par rapport à la même période en 2025. Sur l'ensemble de la façade méditerranéenne (de Menton à Cerbère), 104 accidents dont quatre mortels et un disparu ont été comptabilisés.
Un laboratoire à ciel ouvert pour la plongée
Le Var est le premier département français pour le tourisme et le numéro un européen pour la plongée sous-marine. Il bénéficie d'une côte préservée, des eaux du Parc national de Port-Cros et d'une quinzaine d'épaves de navires (bateaux et avions) datant des Première et Seconde Guerres mondiales, situées entre 40 et 60 mètres de fond, du cap Sicié au cap Camarat. Les plongeurs amateurs viennent souvent pour un week-end et enchaînent les épaves, ce qui est l'une des causes principales d'accidents.
Les ponts de mai, période à risque
Selon Muriel Vergne, médecin urgentiste responsable du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM), les accidents augmentent à partir des vacances de Pâques et en mai, davantage qu'en août. "C'est la reprise, les plongeurs ne sont pas en forme, certains sont en surpoids. On vient parfois de loin, c'est festif, on boit de l'alcool, on se couche tard…"
55 accidents dans le Var, dont deux mortels
Entre le 1er janvier et le 20 juin 2026, le Var cumule 55 accidents, soit 15 de plus que l'an dernier à la même période. "À partir du 19 avril, ça a été la catastrophe, et sur la seule journée du 13 juin, on a eu six accidents, cinq dans le Var et un dans les Bouches-du-Rhône", précise Muriel Vergne. Le bilan 2025 (136 accidents dont quatre décès dans le Var) devrait être dépassé.
Plus de 50 % des accidents sur épaves
Plus de la moitié des accidents surviennent lors de plongées sur épaves, entre 30 et 60 mètres de profondeur. Un accident marquant a eu lieu le 18 mai : un plongeur de 52 ans parti explorer l'épave du Donator a été porté disparu au sud-est de l'île de Porquerolles. Le Cross-Med a déployé deux hélicoptères, deux canots et deux semi-rigides de la Marine, la gendarmerie maritime, des secouristes et des pompiers plongeurs. Le corps a été retrouvé deux jours plus tard à 50 mètres de fond grâce au robot sous-marin téléopéré du support de plongée Odyssée.
Prise en charge médicale spécialisée
Dans 50 % des cas, les patients sont pris en charge pour des accidents de désaturation. Ils sont transportés vers le service subaquatique et hyperbare de l'hôpital national d'instruction des armées Sainte-Anne de Toulon, qui traite le plus grand nombre d'accidents de plongée en France (15 à 20 %) et en Europe. Les autres symptômes incluent œdème pulmonaire d'immersion, otites et lésions de l'oreille interne.
Baisse des accidents en juillet-août, reprise à l'automne
Pendant les congés d'été, l'accidentologie baisse légèrement car le public pratique des plongées moins profondes. "Mais ça repart à l'automne malgré l'expérience des pratiquants. Ce sont souvent des moniteurs, des niveau 4 qui se font la dernière belle plongée de l'année", conclut Muriel Vergne.



