Violences faites aux femmes : les médecins généralistes doivent améliorer leur repérage
Violences faites aux femmes : les médecins doivent mieux repérer

Violences faites aux femmes : les médecins généralistes doivent améliorer leur repérage

En matière de détection des violences faites aux femmes, les médecins généralistes, pourtant interlocuteurs privilégiés des patientes, pourraient faire bien mieux. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, la Haute Autorité de santé (HAS) a dévoilé les résultats d'une consultation montrant des progrès, mais encore trop lents.

Des chiffres qui révèlent une réalité préoccupante

Dans le cadre confidentiel de la consultation, aborder le sujet des violences ne va pas de soi. Selon les données publiées par la HAS, une femme sur vingt, soit 5 %, déclare avoir été questionnée à ce propos. Ce chiffre représente une légère amélioration par rapport à 2022, où seulement une femme sur trente-trois, ou 3 %, avait été interrogée.

Ces statistiques proviennent d'un sondage réalisé en ligne entre le 27 octobre et le 4 novembre 2025. L'étude a été menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 femmes majeures, dont 876 avaient consulté un médecin généraliste au cours des dix-huit derniers mois.

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Une communication encore insuffisante

Parmi ces patientes, 17 % se souviennent avoir été interrogées sur leur relation avec leur partenaire, contre 14 % trois ans auparavant. Cette progression, bien que positive, reste modeste. La Haute Autorité de santé souligne un constat alarmant : aujourd'hui, seul un quart des victimes se confient à leur médecin généraliste.

« Connaître les antécédents des patientes, c'est comprendre leurs symptômes », fait valoir la docteure Ghada Hatem, gynécologue et médecin-cheffe de la Maison des Femmes à Saint-Denis. Cette expertise met en lumière l'importance cruciale d'un dialogue ouvert entre soignants et patientes.

Les raisons d'un silence persistant

Les victimes parlent essentiellement d'elles-mêmes, faute d'avoir été questionnées par leur médecin. Ce manque d'initiative de la part des professionnels de santé contribue à maintenir un climat de silence autour des violences conjugales et domestiques.

La HAS insiste sur la nécessité de former et de sensibiliser davantage les médecins généralistes à ces questions. Améliorer le repérage systématique lors des consultations pourrait permettre une prise en charge plus rapide et plus adaptée des femmes en situation de vulnérabilité.

Les violences faites aux femmes constituent un enjeu majeur de santé publique. Les progrès observés, bien que réels, doivent s'accélérer pour répondre efficacement aux besoins des victimes et garantir leur sécurité et leur bien-être.

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