Le Pr Tu-Anh Tran, chef du service pédiatrie du CHU de Nîmes et enseignant à la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, publie « Trouver les mots justes » (éd. Thierry Souccar, 16,90 euros), préfacé par la comédienne Adeline Blondiau. Ce livre se présente comme une « trousse de secours » pour aider les adultes à intervenir auprès des enfants et adolescents confrontés à des épreuves telles que les peurs, les deuils, le harcèlement, la séparation ou l'addiction aux écrans.
Un ouvrage pour répondre aux souffrances des jeunes
Dans un entretien accordé à Midi Libre, le Pr Tran souligne que la rentrée scolaire est un moment particulièrement propice pour aborder ces questions. « Quand on a des difficultés à l'école, les problèmes existentiels ressortent », explique-t-il. Il insiste sur l'importance d'être attentif aux comportements de son enfant, car les symptômes peuvent être somatiques et les adultes les interprètent parfois comme un problème organique. « Les enfants ne verbalisent pas toujours, ils s'expriment par le corps », rappelle-t-il, citant l'exemple d'un enfant qui a mal au ventre tous les matins ou qui est fatigué, et qui va mieux s'il reste à la maison.
Des conseils pratiques pour parler et apaiser
Le Pr Tran recommande d'utiliser un langage qui ne choque pas et qui donne du sens, comme les contes. Il cite « Le petit chaperon rouge » pour aborder la puberté et les relations sexuelles, un sujet tabou pour les adolescents. « On peut parler de beaucoup de choses avec ce conte, des dangers des réseaux sociaux aussi, de l'intérêt de se faire vacciner contre le HPV », précise-t-il. Selon lui, les adolescents adhèrent à cette approche : « Ils adorent, et on peut parler en même temps aux parents et aux enfants. Souvent, ça les fait sourire, et ils sont plus à même de se confier. »
La méditation et le Qi Gong comme outils
Le livre propose également des exercices de méditation en pleine conscience et de Qi Gong, basés sur la médecine chinoise, pour pacifier le corps et évacuer la colère ou la peur. Le Pr Tran, pionnier de l'introduction de la méditation à l'hôpital, a créé le diplôme universitaire « Méditation et santé » à l'université de Montpellier-Nîmes. Il souligne que « les effets de la méditation en pleine conscience font l'objet de milliers d'articles chaque année, certains émanent des plus grandes universités, comme Stanford et Harvard : diminution de l'anxiété, du stress, de la dépression, meilleur sommeil… »
Une approche holistique pour les adultes aussi
Le Pr Tran critique la tendance à recourir aux médicaments pour traiter les problèmes d'anxiété ou de concentration chez les enfants. Il plaide pour une approche psychosomatique, faisant le pont entre la médecine allopathique et la psychiatrie. Il raconte le cas d'une enfant en surpoids, qui n'a jamais connu son père, et avec laquelle il a travaillé sur des scénarios et des exercices d'acceptation. « Je vais vous avouer un secret, ce sont eux (les adultes) qui y trouvent surtout leur compte », confie-t-il. « Il faut se questionner soi-même pour trouver des éléments de réponse, trouver le mot juste, trouver sens pour nous-mêmes. À ce moment-là, on pourra aider nos enfants. »