Suicide assisté en Autriche : le calvaire d'un jeune atteint du syndrome de fatigue chronique
Suicide assisté : un jeune Autrichien atteint de fatigue chronique

Un drame autrichien relance le débat sur l'aide à mourir

Alors que l'Assemblée nationale française réexamine le texte sur la création d'un droit à l'aide à mourir, un événement tragique a secoué l'Autriche ces dernières semaines. Samuel, un jeune homme de 22 ans atteint du syndrome de fatigue chronique, a choisi de mettre fin à ses jours par suicide assisté, rapporte Le Monde. Son histoire met en lumière les souffrances extrêmes liées à cette pathologie méconnue et interroge sur l'accès à une mort digne.

Le syndrome de fatigue chronique : une maladie dévastatrice

Selon le site de l'Assurance maladie, le syndrome de fatigue chronique, également appelé encéphalomyélite myalgique (EM/SFC), « se déclare brusquement, le plus souvent chez des personnes jeunes, très actives jusque-là ». Il peut survenir après diverses causes :

  • Une infection virale ou bactérienne
  • Un stress psychologique important
  • Des problèmes immunologiques
  • Des facteurs génétiques prédisposants

Malheureusement, cette pathologie reste largement incomprise par le corps médical, ce qui complique son diagnostic et sa prise en charge. L'Assurance maladie reconnaît pourtant que « cette maladie a un fort impact socioprofessionnel et oblige la personne à cesser ou adapter ses activités professionnelles ou de loisir habituelles ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le calvaire quotidien de Samuel

Dans le cas de Samuel, le syndrome est apparu après qu'il ait contracté le Covid-19 en 2024. Depuis cette infection, le jeune Autrichien vivait un véritable enfer. Il décrivait sa situation sur Reddit : « Je dois rester alité vingt-quatre heures sur vingt-quatre et ne pas trop bouger, constamment dans l'obscurité, car je ne supporte pas la lumière ».

Son état était si grave qu'il ne pouvait plus :

  1. Écouter une conversation ou de la musique
  2. Parler normalement
  3. Regarder des vidéos

Son neurologue a confirmé l'intensité de ses souffrances : « Il avait l'impression de brûler et de se noyer en même temps ». Samuel a été inhumé le 11 février, et son suicide assisté constituerait une première en Autriche pour un cas lié à cette pathologie. Son médecin traitant a déclaré : « J'ai tout essayé pour ne pas en arriver là, mais à un moment donné, cela n'était plus possible ».

Deux problèmes majeurs soulevés

Cette tragédie met en évidence deux enjeux cruciaux selon les observateurs :

Premièrement, l'augmentation préoccupante du recours à l'aide à mourir parmi les jeunes adultes. L'association allemande pour une mort digne a alerté sur la croissance du nombre de personnes de moins de 30 ans « qui sont fermement convaincues que seule la mort peut mettre fin à leurs souffrances ».

Deuxièmement, le manque flagrant de prise en charge adaptée pour l'encéphalomyélite myalgique. Actuellement, seuls les symptômes sont traités, non la maladie elle-même. Samuel déplorait avant son décès : « La plupart des médecins ne connaissent même pas cette maladie et [la Sécurité sociale autrichienne] nous traite de charlatans et de profiteurs ».

Des réponses politiques et médicales attendues

Face à cette situation, la secrétaire d'État autrichienne à la Santé, Ulrike Königsberger-Ludwig, a affirmé « travailler d'arrache-pied pour mettre en place des soins et une aide efficace » pour les patients atteints de ce syndrome. En France, où le débat sur l'aide à mourir refait surface, le syndrome de fatigue chronique toucherait environ 250 000 personnes, dont 80 % de femmes. Ce cas autrichien rappelle l'urgence d'une meilleure reconnaissance médicale et d'un accompagnement adapté pour ces patients souvent isolés dans leur souffrance.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale