CHU de Bordeaux : un conflit sur les effectifs du centre 15
Le centre 15 du CHU de Bordeaux est-il en sous-effectif chronique, mettant en péril la prise en charge des urgences ? C'est la question brûlante soulevée par le syndicat Sud Santé Sociaux, qui a déposé un signalement de danger grave et imminent ce mercredi 25 mars. Une procédure qui oblige la direction à mener une enquête dans les vingt-quatre heures sur le nombre d'assistants de régulation médicale (ARM), ces agents essentiels qui répondent aux appels d'urgence.
Un rouage essentiel en crise selon le syndicat
Les ARM sont décrits par Sud comme un maillon « essentiel dans la chaîne de soins d'urgence ». Leur rôle est crucial : ils écoutent et analysent les appels, adaptent les moyens médicaux à la gravité des situations, et alertent les pompiers, le Samu ou orientent vers des médecins. Or, selon Gilbert Mouden, co-secrétaire de Sud Santé Sociaux, ils font face à un sous-effectif chronique.
« La semaine dernière, ils se sont retrouvés à deux, un soir où on a enregistré 90 appels en deux heures », dénonce-t-il. « On a eu jusqu'à 20 appels en attente. Si une situation exceptionnelle se produit – un attentat, un bâtiment qui s'écroule – on ne pourra pas faire face. »
Une augmentation des appels qui inquiète
Le syndicat souligne une explosion du nombre d'appels : 591 000 en 2020 contre 831 000 en 2025, une hausse qui suit celle de la population girondine. « Il faut que le nombre d'ARM augmente lui aussi », insiste Sud. Parmi leurs revendications :
- Des recrutements supplémentaires d'ARM
- Le rétablissement du paiement intégral des heures supplémentaires, supprimées dans le cadre du plan de retour à l'équilibre
La direction réfute catégoriquement
Face à ces accusations, la direction du CHU de Bordeaux « réfute ces affirmations » et assure que « les effectifs sont en parfaite adéquation avec les standards attendus ». Elle cite en exemple la nuit du 25 au 26 mars, où sept agents étaient présents, dont six ARM certifiés et un étudiant. « Le signalement repose sur une présentation inexacte de la situation », affirme-t-elle, garantissant que « la continuité et la sécurité de la prise en charge des patients demeurent pleinement assurées ».
Un dialogue de sourds et des actions à venir
Ce désaccord semble mener à un véritable dialogue de sourds. Sud Santé Sociaux « n'exclut pas de nouvelles actions » si ses revendications n'aboutissent pas, évoquant notamment une manifestation devant l'agence régionale de santé (ARS) début avril. L'enjeu est de taille : assurer une régulation médicale efficace dans un contexte de pression croissante sur les services d'urgence.



