Sédentarité : un danger silencieux pour la santé physique et cognitive
Sédentarité : un danger pour la santé physique et cognitive

Sédentarité : un enjeu crucial de santé publique à tous les âges

Lutter contre la sédentarité, qu'il ne faut absolument pas confondre avec l'inactivité physique, représente un défi majeur de santé publique pour toutes les générations. Rester trop longtemps assis ou allongé durant la journée accroît significativement le risque de développer des maladies chroniques et peut également impacter négativement les capacités cognitives.

Deux amis, deux modes de vie, deux risques sanitaires différents

Jean et Samuel sont deux amis d'enfance qui ont grandi ensemble, fréquenté la même école, appartenu au même club d'athlétisme et travaillent aujourd'hui dans la même entreprise. Pourtant, leurs risques face aux maladies chroniques et au déclin cognitif diffèrent radicalement en raison de leurs habitudes quotidiennes.

Jean, 45 ans, pratique occasionnellement la course à pied trois fois par semaine pour son bien-être. Cependant, dans son métier d'agent comptable, il demeure assis devant son ordinateur plus de sept heures quotidiennes. Les contraintes professionnelles et le manque d'équipements adaptés dans son entreprise l'empêchent de rompre cette sédentarité prolongée. À son domicile, Jean affectionne particulièrement le repos sur son canapé devant la télévision.

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Samuel, 46 ans, marche quotidiennement trente minutes pour se rendre à son travail et se promener durant les week-ends. Son activité professionnelle lui permet de ne rester assis qu'environ trois heures par jour. De retour chez lui, Samuel consacre son temps à cultiver son potager et à cuisiner.

Potentiellement, Jean présente des risques plus élevés que Samuel de développer des pathologies chroniques et de voir ses capacités cognitives diminuer, directement liés à sa sédentarité accrue.

Distinguer clairement sédentarité et inactivité physique

Il est fondamental de différencier la sédentarité, qui correspond au temps passé assis ou allongé pendant la journée, de l'inactivité physique, qui désigne le fait de ne pas atteindre les recommandations d'activité physique établies par l'Organisation mondiale de la santé. Pour un adulte âgé de 18 à 65 ans, l'OMS préconise 150 à 300 minutes d'activité physique d'intensité modérée chaque semaine, avec un renforcement musculaire et un travail d'équilibre ajoutés deux à trois fois par semaine pour les personnes de plus de 65 ans.

Ainsi, un individu peut être considéré comme actif tout en étant sédentaire. Il respecte les recommandations en matière d'activité physique, mais demeure assis plus de sept heures quotidiennement, à l'image de Jean dans notre exemple.

Les impacts délétères de la sédentarité sur la santé physiologique

Il est désormais solidement établi que la sédentarité exerce des effets néfastes sur la santé physiologique. On observe notamment une augmentation de la glycémie et une hausse des troubles musculosquelettiques, avec comme conséquences à long terme un risque accru de développer des maladies chroniques telles que le diabète de type 2, divers cancers, les accidents vasculaires cérébraux ou les douleurs dorsales.

Le professeur François Carré, cardiologue et président du collectif Pour une France en forme, résume parfaitement la situation : « La chaise tue silencieusement et nous ment, car elle ne nous repose pas. »

En effet, notre organisme a très peu évolué depuis l'époque de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il est conçu pour bouger régulièrement et souffre lorsque nous ne l'activons pas suffisamment.

Les autorités sanitaires estiment que passer plus de huit heures en position assise ou allongée quotidiennement constitue un comportement sédentaire potentiellement délétère pour la santé. À l'inverse, limiter la sédentarité à quatre heures ou moins par jour permet de réduire de 32% le risque de mortalité par maladie cardiovasculaire.

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Les conséquences de la sédentarité sur la santé psychocognitive

Au-delà des effets désormais bien documentés sur les capacités physiologiques et les maladies chroniques, la sédentarité peut également avoir des répercussions négatives sur nos capacités psychocognitives, et ce à tous les stades de la vie. Sur le plan psychologique, on constate une augmentation des risques d'anxiété et de dépression.

La santé mentale ayant été désignée « Grande Cause nationale » par le gouvernement pour la deuxième année consécutive, lutter contre la sédentarité peut jouer un rôle déterminant dans cette bataille.

Concernant l'aspect cognitif, une récente étude française révèle que la capacité à inhiber un mouvement dépend non seulement de l'âge mais également du niveau de sédentarité. Soixante-dix-huit personnes âgées de 18 à 88 ans ont effectué un test informatique pour évaluer leur capacité à interrompre une action déjà engagée, similaire à la nécessité de s'arrêter de traverser une rue lorsqu'une voiture arrive trop rapidement alors que le feu piéton est au vert.

L'inhibition représente une fonction cognitive essentielle car elle permet de résister aux distractions et aux impulsions automatiques afin de se concentrer, réfléchir et prendre des décisions adaptées. La recherche a démontré que la capacité d'inhibition diminuait avec l'âge, mais surtout qu'elle déclinait également avec la sédentarité. Ainsi, plus une personne passe de temps assise ou allongée durant la journée, moins elle possède la capacité d'inhiber ses mouvements.

Plus remarquable encore, les méfaits de la sédentarité n'étaient pas compensés par le niveau d'activité physique. Autrement dit, même si un individu actif respectait les recommandations de l'OMS en réalisant plus de 150 minutes d'activité physique modérée hebdomadaire, le fait d'être sédentaire pourrait réduire sa capacité d'inhibition, indépendamment de son âge. Dans cette étude, des personnes âgées de 80 ans non sédentaires obtenaient ainsi de meilleurs scores d'inhibition que des jeunes de 20 ans présentant un comportement sédentaire.

La sédentarité préoccupante chez les étudiants

Concernant la sédentarité chez les jeunes et particulièrement parmi les étudiants, l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité et l'Association des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives ont publié en 2023 leur rapport suite à une enquête nationale sur la pratique d'activité physique et sportive et la sédentarité en milieu universitaire français.

Ce rapport indique qu'en moyenne, « les étudiants passent huit heures par jour en position assise ou allongée. Ils sont plus sédentaires les jours de cours que les jours de repos. Ces comportements s'accentuent en fonction de l'année d'étude ».

Il apparaît donc primordial de développer des solutions adaptées à chaque public pour réduire significativement le taux de sédentarité.

Contrecarrer efficacement la sédentarité par des moyens simples

Pour lutter contre les maladies chroniques, l'accent a été placé ces dernières années sur le respect des recommandations en matière d'activité physique. Tout en conservant à l'esprit qu'un mode de vie actif reste indissociable d'une bonne santé physique et mentale, il est crucial de diriger également les projecteurs vers la sédentarité, un mal plus insidieux comme le souligne le professeur François Carré.

Nous ne réalisons pas spontanément que demeurer assis toute la journée au travail s'avère néfaste pour notre santé, même lorsque nous pratiquons occasionnellement une activité sportive.

L'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité propose des recommandations et des solutions simples pour rompre les comportements sédentaires :

  • Bouger une à trois minutes toutes les trente à soixante minutes
  • Limiter les longues périodes assises, particulièrement dans le cadre professionnel, constitue une routine à adopter quotidiennement
  • La pause active présenterait des effets bénéfiques sur l'efficacité et la fatigue au travail
  • L'utilisation de stations de travail « actives » représenterait une alternative efficace et bien acceptée par les étudiants durant les cours
  • Pendant les loisirs, limiter les temps d'écran s'avère indispensable chez les jeunes comme chez les adultes pour réduire les comportements sédentaires

La sédentarité ne constitue pas une fatalité. Des méthodes simples et efficaces existent pour rompre les mauvaises habitudes. Éduquer et encourager l'activité physique tout au long de la vie demeure un enjeu de santé publique majeur.