Scandale des laits infantiles : de nouvelles plaintes pénales déposées en France
De nouvelles plaintes pénales ont été déposées ce vendredi en France dans le cadre des vastes rappels de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide. Cette affaire sanitaire majeure, qui dure depuis mi-décembre, prend une nouvelle dimension judiciaire avec ces actions portées par l'Association pour la santé des enfants (APS-Enfants).
Trois plaintes pénales contre X déposées dans trois villes
L'APS-Enfants a annoncé dans un communiqué le dépôt de trois plaintes pénales contre X auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Angers. La plainte déposée à Paris vise spécifiquement les responsabilités nationales et systémiques dans cette affaire. Les deux autres plaintes, déposées à Angers et Bordeaux où ont été recensés des décès de nourrissons, s'attachent plutôt aux qualifications d'homicides involontaires et de blessures involontaires qui pourraient en découler.
Un bilan sanitaire préoccupant : trois décès et une quinzaine d'hospitalisations
À ce jour, trois décès de bébés ont été signalés en France - qui est le seul pays européen dans ce cas - ainsi qu'une quinzaine d'hospitalisations. Ces nourrissons avaient tous consommé des laits infantiles visés par les rappels massifs qui ont touché le marché mondial. Il est important de noter qu'à ce stade, aucun lien de cause à effet n'a été formellement établi entre ces cas graves et la consommation des produits concernés. Des analyses approfondies sont toujours en cours pour déterminer les responsabilités exactes.
Des analyses déléguées à la Belgique faute de capacités françaises suffisantes
Selon des informations révélées par Radio France, les analyses de la toxine céréulide, supervisées par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), ont été déléguées à l'institut belge de santé publique Sciensano. Cette décision fait suite à un constat préoccupant : la France ne disposerait pas de capacités analytiques suffisantes pour traiter cette crise sanitaire avec la célérité requise.
Le collectif Intox'Alim, qui rassemble une vingtaine de familles ayant porté plainte cette semaine contre l'État et les entreprises concernées, a regretté cette situation dans un communiqué : Le choix d'un laboratoire étranger confirme de facto que les capacités analytiques disponibles en France ne permettaient pas, jusqu'ici, de répondre avec la célérité requise pour gérer une crise touchant des bébés.
Une affaire qui s'étend depuis mi-décembre
L'affaire des laits infantiles contaminés a débuté mi-décembre avec un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays. Par la suite, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde entier, impliquant des industriels majeurs comme Danone ou Lactalis, mais aussi des acteurs plus modestes de ce marché en pleine croissance.
Un dossier judiciaire qui s'alourdit progressivement
Les nouvelles plaintes déposées par APS-Enfants viennent s'ajouter à un dossier judiciaire déjà chargé. Ce dossier comprend également des actions intentées par l'ONG Foodwatch, ainsi que des enquêtes judiciaires ouvertes par le parquet à chaque décès de nourrisson signalé dans le cadre de cette affaire.
Les ministères de la Santé et de l'Agriculture, ainsi que l'Anses, interrogés par l'AFP, n'ont pas confirmé dans l'immédiat l'information concernant la délégation des analyses à l'institut belge Sciensano. Cette situation soulève des questions importantes sur les capacités d'analyse toxicologique de la France face à des crises sanitaires de cette ampleur.



