Les célébrités ne cachent plus leurs fragilités : dépression, anxiété, burn-out ou troubles alimentaires sont désormais évoqués publiquement, une évolution qui transforme le rapport du public à la santé mentale. Selon le médecin psychiatre Jean-Victor Blanc, « depuis vingt ans il y a un mouvement de libération de la parole autour de la santé mentale chez les stars aux Etats-Unis ». Ce changement, porté par des figures comme Zendaya, Selena Gomez ou Lady Gaga, contribue à banaliser le recours à l’aide psychologique et à offrir une « source d’espoir et de visibilité importante ».
Des stars qui parlent de leurs fragilités
Longtemps, les vedettes ont incarné un idéal inaccessible : une vie sans failles, un corps parfait, une carrière brillante. Mais sur les plateaux de télévision, dans les interviews ou sur les réseaux sociaux, les célébrités ont commencé à exposer leurs difficultés. Des personnalités comme Zendaya, Selena Gomez ou Lady Gaga ont évoqué publiquement leurs expériences liées à l’anxiété, à la dépression ou au traumatisme. D’autres ont choisi de faire une pause dans leur carrière pour préserver leur équilibre psychologique.
Ces témoignages viennent de personnes que le public pense souvent être au sommet de leur carrière, ce qui renforce leur impact. Le psychiatre Jean-Victor Blanc, à l’origine du festival Pop & Psy, veut « simplement traduire ça en France, encourager les prises de parole ». Selon lui, les célébrités qui parlent de leur santé mentale le font « à un moment où ils sont rétablis », ce qui en fait une source d’espoir pour le public.
Un impact particulier sur les Milléniaux et la Génération Z
Lorsqu’une personnalité connue raconte avoir traversé une période dépressive ou souffrir de crises d’angoisse, son témoignage rend visible une souffrance que l’on ne voit pas. Cet effet est particulièrement marqué chez les Milléniaux et la Génération Z. Jean-Victor Blanc observe que ces deux générations s’emparent du sujet : « Ils sont plus à l’aise sur le sujet car on en parle sur les réseaux sociaux et leurs idoles ont pris la parole comme Selena Gomez, Kendall Jenner ou Ariana Grande. Donc montrer que la pop culture a fait évoluer la parole cela va aider notre public qui a entre 20 et 40 ans ».
Le festival Pop & Psy, porté par ce psychiatre, vise à encourager ces prises de parole en France. En donnant la parole à des artistes et à des professionnels, il cherche à montrer que la culture populaire peut jouer un rôle clé dans la déstigmatisation des troubles psychiques.
La thérapie, une démarche comme une autre
Pour le grand public, entendre une actrice expliquer qu’elle a peur de sortir de chez elle ou un comédien raconter ses années de thérapie contribue à banaliser le recours à l’aide psychologique. La thérapie cesse alors d’être associée à une faiblesse et devient une démarche parmi d’autres pour prendre soin de soi. Cependant, certains artistes restent silencieux, comme la chanteuse Barbara, qui « a vécu des choses très difficiles. Elle n’a jamais pris la parole donc on a du faire des déductions ou imaginer. C’était un peu tabou alors qu’on ne peut pas cacher éternellement quand on ne va pas bien », explique la chanteuse Al. Hy, vue sur « The Voice ».
Al. Hy a choisi de se livrer dans son nouvel album Alarmonie et sur ses réseaux sociaux. Elle raconte : « Quand j’ai vu mes célébrités préférées parler, cela m’a donné envie de communiquer sur la santé mentale. D’autant plus qu’on est dans une époque où on peut le faire. Via mes réseaux sociaux, j’ai toujours raconté une partie de ma vie très librement sans penser qu’on pourrait me juger. »
Lorsqu’une star accepte de montrer qu’elle n’est pas invincible, elle fissure l’image de perfection qui l’accompagne. Cette fissure rappelle que la vulnérabilité n’est pas incompatible avec la réussite. Le changement ne vient peut-être pas du fait que les célébrités aient découvert la santé mentale, mais du fait qu’elles acceptent désormais de montrer qu’elles aussi peuvent être concernées.