Prescrire exige le retrait du Nicorandil, un médicament cardiaque jugé trop dangereux
Retrait du Nicorandil exigé pour risques graves de santé

Un médicament cardiaque sous le feu des critiques pour ses dangers potentiels

Dans un courrier alarmant, la revue médicale Prescrire réclame le retrait immédiat du Nicorandil du marché français. Ce vasodilatateur, prescrit contre l'angine de poitrine, serait responsable d'effets indésirables graves, allant jusqu'à mettre en péril la vie des patients. Utilisé par près de 50.000 personnes en France selon Actu.fr, ce traitement est destiné aux patients présentant une contre-indication ou une intolérance aux thérapies de première intention.

Des bénéfices thérapeutiques contrebalancés par des risques majeurs

Le Nicorandil permet, comme l'explique Santé Magazine, « une meilleure oxygénation du cœur en ciblant la dilatation des artères ». Il contribue ainsi à limiter les douleurs ainsi que les risques d'insuffisance cardiaque ou d'infarctus. Cependant, pour les auteurs de la lettre de Prescrire, ce médicament serait « plus dangereux qu'utile ». Il est en effet à l'origine d'ulcérations chroniques douloureuses touchant divers organes et tissus.

Les complications signalées incluent des atteintes de la peau, surtout des membres inférieurs, des muqueuses buccales, intestinales, anales, vaginales, et plus rarement de la cornée. Ces ulcérations ont des conséquences dramatiques sur le quotidien des patients : douleurs intenses, troubles de l'alimentation, perte de poids significative, hémorragies, abcès, fistules, hospitalisations répétées et interventions chirurgicales lourdes. Le courrier alerte même que « des patients sont morts d'une perforation d'organe ».

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Des alertes répétées depuis les années 1990

Les signaux d'alerte concernant le Nicorandil ne sont pas nouveaux. Dès la fin des années 1990, des cas d'ulcérations avaient été signalés et dénoncés. La revue Prescrire recommande d'écarter ce médicament des soins depuis 2011. Après plusieurs lettres adressées aux soignants depuis les années 2010, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a de nouveau mis en garde fin 2025.

Ce nouvel appel à la vigilance s'appuie notamment sur une étude menée en France par plusieurs centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV). Cette recherche a recensé 62 cas d'ulcérations entre 2017 et 2024, un chiffre jugé probablement sous-estimé compte tenu de la sous-déclaration habituelle des effets indésirables.

Un maintien paradoxal du remboursement par les autorités

Malgré ces alertes répétées, la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé a maintenu, en 2015, un avis favorable au remboursement des spécialités contenant du Nicorandil. Aucune réévaluation n'a été menée depuis cette date, et le médicament reste en partie remboursé par la Sécurité sociale. Cette situation crée un paradoxe inquiétant où un traitement potentiellement dangereux continue d'être accessible et financé par la collectivité.

Dans ce contexte préoccupant, la revue Prescrire presse aujourd'hui l'ANSM de « définitivement l'écarter des soins en France ». Les auteurs du courrier insistent sur l'urgence de protéger les patients contre des risques graves et parfois mortels, alors que des alternatives thérapeutiques existent pour la prise en charge de l'angine de poitrine.

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