Grève à l'hôpital George-Sand : la psychiatrie publique sous tension
Depuis le 19 mars 2026, les agents du service de psychiatrie de l'hôpital George-Sand à La Seyne maintiennent un piquet de grève un jour sur deux. Ce mouvement, qui alterne avec la nécessité d'assurer le suivi des patients les plus fragiles, a pour objectif initial d'alerter sur un manque imminent de médecins psychiatres. En effet, trois des quatre spécialistes du service ont annoncé leur départ dans les mois à venir.
Une inquiétude grandissante face aux récentes discussions
Les récents échanges entre la direction du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne (CHITS) et l'intersyndicale n'ont pas apaisé les craintes. « Au contraire ! », affirme un membre du bureau de la CGT du CHITS. « Nous n'avons pour le moment que des retours défavorables des dernières rencontres. On craint une liquidation pure et dure du service, plus qu'une solution pérenne. »
Le syndicaliste rapporte que lors d'une réunion avec les personnels, la direction a évoqué « l'accompagnement vers la transformation de leur service », ce qu'il interprète comme un démantèlement. « Ça ne sent vraiment pas bon », déplore-t-il. Si cette orientation se confirmait, ce seraient 180 000 personnes de l'ouest-Var – du Beausset à La Seyne – qui se retrouveraient sans service public de psychiatrie.
La réponse de la direction : attachement et difficultés de recrutement
Contacté par téléphone, Yann Le Bras, directeur général du CHITS, commence par réaffirmer son attachement à cette offre de soins. « On est très attaché à cette offre de soins, très importante pour La Seyne mais également pour l'ouest de la métropole », déclare-t-il. Pour preuve, il mentionne les 3,5 millions d'euros investis dans la restructuration et la modernisation du bâtiment d'hospitalisation de psychiatrie, inauguré en 2024.
Cependant, il reconnaît les difficultés structurelles : « Le contexte national est très difficile en psychiatrie : il y a un manque criant de psychiatres par rapport aux besoins. » Le CHITS mène plusieurs actions pour y remédier :
- Un plan de recrutement avec publications régulières de postes
- Le recours à un cabinet de recrutement spécialisé
- La participation à des congrès pour valoriser l'offre de soins et le territoire
Vers des adaptations provisoires inévitables ?
Face au départ simultané de trois psychiatres sur quatre, la direction entend agir à court terme pour « préserver autant que faire se peut la continuité des soins ». Yann Le Bras annonce de nouvelles rencontres prochaines avec les équipes et les syndicats « pour voir les organisations susceptibles d'être mises en œuvre dans les mois qui viennent ».
Le directeur évoque la possibilité d'adaptations provisoires et transitoires si le recrutement n'aboutit pas à temps. « Notre souhait est de conserver notre offre telle qu'elle est aujourd'hui, aussi bien en intra qu'en extra-hospitalier », insiste-t-il. « Et si on est contraint de s'adapter, notre volonté est de pouvoir retrouver le plus tôt possible l'ensemble de nos capacités. »
Pendant ce temps, les agents du service public de psychiatrie oscillent entre abattement et colère. Une banderole à l'entrée de l'hôpital résume l'inquiétude générale : « Après la fermeture de la maternité, au tour de la psychiatrie ? » La question reste ouverte alors que le service prend en charge une centaine de cas psychotiques lourds et de nombreux patients en suivi extra-hospitalier, dont les plus précaires ne pourraient se tourner vers le privé.



