Prévention des cancers de la peau : comment profiter du soleil sans risque ?
Profiter du soleil sans risque : les conseils d'une dermatologue

Dans le calendrier de la prévention santé, le mois de mai est consacré au dépistage des cancers de la peau. Sachant que près de 90 % de ces maladies sont causées par les rayonnements UV, comment profiter des beaux jours sans risques ? Marie Beylot-Barry, professeure et cheffe du service dermatologie au CHU de Bordeaux, attachée à la prévention, souligne l’importance du soleil sur l’humeur tout en mettant en garde contre les abus. Selon elle, il faut, dès l’enfance, se protéger des rayons, en utilisant notamment des vêtements couvrants.

Les bienfaits du soleil

Les bénéfices du soleil et de la lumière sur le bien-être ont été démontrés. Ouvrir ses fenêtres quand il fait beau a un effet positif sur l’humeur. Dans les pays du Nord où les nuits sont très longues en hiver, les taux de dépression sont beaucoup plus importants à ces périodes. Biologiquement, les ultraviolets stimulent la synthèse de la vitamine D. Dix minutes par jour sur le visage et les avant-bras suffisent. Il faut user du soleil sans en abuser.

Le bronzage : une fausse protection

Le bronzage est dû à la stimulation des mélanocytes par les ultraviolets, mais ce n’est pas parce qu’on est bronzé qu’on est protégé. Les cabines de bronzage pour préparer sa peau sont une fausse bonne idée. Les gélules solaires ne font que colorer la peau, ce n’est pas une protection. Il en va de même pour la crème autobronzante.

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Les méfaits d’une exposition excessive

Les méfaits sont doubles : le vieillissement cutané, inexorable, avec apparition de taches, et les cancers cutanés, dont près de 90 % sont liés au soleil. La peau se souvient des coups de soleil, ce qui augmente le risque de mélanomes, surtout après des expositions dans l’enfance.

Le « capital soleil » : une idée fausse

Cette expression ne correspond pas à une réalité. Il faut faire attention dès le départ. Les personnes qui n’arrivent plus à bronzer ne sont pas forcément allergiques au soleil ; leurs cellules se sont épuisées.

Évolution des comportements

Dans les années 1980, il n’était pas rare de voir des gens utiliser de la graisse à traire ou de l’huile de monoï pour bronzer plus vite. Aujourd’hui, ce genre de comportement est devenu rare. Le problème principal est que les gens oublient que le soleil n’est pas uniquement à la plage. Les activités quotidiennes, le sport ou le travail exposent aussi aux rayonnements. Les nuages laissent passer 70 à 80 % des rayons.

Les conseils de la professeure

Il y a des mesures simples à prendre : éviter le soleil entre 12 heures et 16 heures, appliquer de la crème solaire avec un indice minimum de 30 SPF sur le visage, le décolleté et les mains, en vérifiant qu’elle filtre les UVA et UVB. Sur le reste du corps, porter des vêtements légers ou des lycras efficaces secs et mouillés. Le risque diffère selon la couleur de peau : les personnes très claires et blondes doivent être beaucoup plus vigilantes que celles à peau mate.

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