Une première médicale historique en France
Pour la première fois sur le territoire national, un patient souffrant de diabète de type 1 et d'insuffisance rénale a bénéficié d'une greffe simultanée de rein et de cellules pancréatiques à Toulouse. Cette intervention innovante, réalisée par une équipe du CHU de Toulouse, a permis au patient de cesser la dialyse et de produire désormais une partie de sa propre insuline.
Une solution adaptée aux contraintes vasculaires
Le patient, qui ne pouvait pas recevoir la greffe classique combinant rein et pancréas en raison de problèmes vasculaires, a vu les médecins opter pour une approche alternative. Ils ont procédé à une transplantation rénale associée à une greffe d'îlots de Langerhans, ces cellules spécialisées du pancréas responsables de la production d'insuline. L'objectif principal de cette double greffe est de protéger le rein nouvellement transplanté contre une éventuelle récidive du diabète.
Une collaboration interhospitalière exceptionnelle
Cette opération est d'autant plus remarquable qu'elle a mobilisé deux établissements hospitaliers et repose sur l'utilisation d'un donneur dit « Maastricht 3 ». Il s'agit d'une personne décédée après un arrêt cardiaque consécutif à une décision d'arrêt des traitements, une situation qui complique considérablement la conservation et l'utilisation des organes.
Le pancréas du donneur a été envoyé au CHU de Montpellier pour l'isolement des précieux îlots de Langerhans, tandis que la greffe du rein était réalisée à l'hôpital de Rangueil à Toulouse. Les îlots pancréatiques ont ensuite été injectés dans le foie du patient par radiologie interventionnelle, sous la surveillance étroite des équipes de néphrologie et de diabétologie.
Des résultats cliniques prometteurs
Selon les informations communiquées par le CHU de Toulouse, le patient n'a plus besoin de dialyse et produit désormais une partie de sa propre insuline. Cette production endogène permet de réduire significativement les injections d'insuline et contribue à stabiliser sa glycémie de manière durable.
Pour la docteure Laure Esposito, néphrologue qui a coordonné cette intervention pionnière, permettre aux patients de « ne plus être dialysés et ne plus être diabétiques » représente une source d'« émerveillement » et une grande satisfaction professionnelle au quotidien. Cette réussite ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients confrontés à des situations médicales complexes similaires.



