"Plus personne ne peut nous soigner" : le cri de colère d'une Biterroise de 80 ans
"Plus personne ne peut nous soigner" : le cri d'une Biterroise

Dans son appartement au nord de Béziers, Danièle angoisse. À 80 ans, cette habitante de la ville n’a plus de médecin traitant depuis un an. "J’ai fait tout Doctolib, personne ne me prend", déplore l’octogénaire. Liste d’attente, rendez-vous en visio, pharmacie… Elle a tout tenté, en vain. "J’avais une inflammation à l’œil, en visio le médecin ne pouvait rien faire. Pareil, je suis allée chez le kiné qui m’a dit que mon ordonnance n’était plus à jour, mais lui ne pouvait pas me la renouveler."

Un quotidien anxiogène

Confrontée depuis peu à des problèmes pour se déplacer et sans suivi médical, Danièle décrit un quotidien "anxiogène", qu’elle partage avec d’autres personnes âgées. "J’ai parlé avec plusieurs personnes de mon âge, nul n’arrive à se faire suivre", confie-t-elle. Impossible pour elle de s’éloigner de Béziers, elle qui ne conduit plus. "La maison sans rendez-vous près de l’hôpital, ils ont des horaires très serrés. Ça commence à 20 heures et ça finit quand ça finit. Sauf que moi je n’ai plus de voiture, je ne conduis pas, et il n’y a plus de bus à cette heure-là", affirme-t-elle.

Un sentiment d'abandon

"Je me pose beaucoup de questions. Nos médecins vieillissent, partent à la retraite, et on se retrouve livrés à nous-mêmes. Plus personne ne peut nous soigner", poursuit Danièle. Aujourd’hui, elle est "en colère", mais surtout désemparée. "J’espère que les choses vont changer, je ne comprends pas pourquoi aucun nouveau médecin ne vient vers chez nous. On attend encore des départs à la retraite cette année. Même si une maison de santé ouvre dans le centre, cinq nouveaux médecins, ça ne va pas compenser tous les besoins", conclut-elle.

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Un futur pôle de santé en centre-ville

Un pôle santé pluridisciplinaire devrait ouvrir ses portes d’ici fin 2027, en centre-ville, sur le site de l’ancien cinéma Kursaal. Porté par Office Santé, en partenariat avec la Ville de Béziers, Viaterra et le réseau Kersanté, ce projet s’inscrit dans une stratégie de lutte contre la désertification médicale. En attendant, un centre de santé "provisoire" Kersanté a ouvert le 14 janvier dernier, place Pierre-Semard, à deux pas des halles. L’édifice, racheté par la Ville et réaménagé par Viaterra, est loué à Kersanté. Deux médecins, un généraliste et un dermatologue, y travaillent, aidés d’une coordinatrice. Mais Kersanté espère trouver rapidement d’autres généralistes.

Désertification médicale : l’Occitanie particulièrement touchée

La désertification médicale est une problématique nationale qui touche particulièrement l’Occitanie. En 2025, la région comptait 6 214 médecins généralistes, soit 9,9 pour 10 000 habitants, tandis que la moyenne en France est de 14,7 pour 10 000 habitants. Ce chiffre illustre l’ampleur des difficultés rencontrées par les habitants comme Danièle.

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