Plainte collective contre NovoNordisk pour effets graves de l'Ozempic et Wegovy
Plainte contre NovoNordisk pour effets graves de l'Ozempic

Plainte collective contre NovoNordisk pour les effets graves de l'Ozempic et Wegovy

Une plainte collective visant le laboratoire NovoNordisk, fabricant des médicaments Ozempic et Wegovy, est en préparation pour des effets indésirables graves. Cette action judiciaire, qui ne regroupe actuellement pas plus de six victimes, devrait être déposée dans les prochains mois au parquet de Paris. Elle portera sur des accusations de tromperie aggravée, blessures involontaires et homicides involontaires, selon l'avocat pénaliste toulousain Pierre Debuisson.

Des médicaments au succès grandissant malgré les risques

La firme danoise NovoNordisk, qui bénéficie de toutes les autorisations nécessaires, connaît un succès commercial remarquable avec ces traitements antidiabétique et antiobésité. Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), environ 870 000 patients soignent leur diabète avec ces médicaments, tandis que 100 000 autres les utilisent pour traiter l'obésité, malgré leur prix prohibitif et leur non-remboursement par la Sécurité sociale.

Des chiffres alarmants révélés par l'ANSM

Pourtant, une enquête menée par l'ANSM entre 2023 et 2025 a révélé des données préoccupantes. L'agence fait état de 376 cas graves déclarés et de 19 décès liés à ces médicaments. Parmi ces cas, 140 concernaient spécifiquement l'utilisation des analogues des récepteurs du GLP-1 (aGLP-1) pour traiter l'obésité.

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L'ANSM souligne particulièrement « une augmentation des déclarations d'effets indésirables dans le cadre de mésusages ». L'agence a recensé 36 cas d'effets indésirables liés à une mauvaise utilisation du médicament pour perdre du poids, dont 25 cas graves.

Les experts sonnent l'alarme

Le professeur Jean-Luc Faillie, pharmacologue au CHU de Montpellier en charge de l'enquête de pharmacovigilance, qualifie la situation de « préoccupante ». Il précise : « Même si ces médicaments ont montré des bénéfices notables, ils comportent des risques associés. Ces chiffres sont sûrement en deçà de la réalité puisque tous les patients ne se déclarent pas. »

Le scientifique rappelle que si le rapport bénéfice-risque penche généralement en faveur du bénéfice, ces médicaments « ne sont pas des bonbons ». Il détaille les risques :

  • Effets indésirables fréquents, notamment gastro-intestinaux
  • Cas graves de pancréatite aiguë parfois fatale
  • Réactions allergiques et occlusions intestinales
  • Cas rares de cécité
  • Augmentation des cancers thyroïdiens

La distinction cruciale entre prescriptions médicales

La professeure Blandine Gatta-Cherifi, endocrinologue au CHU de Bordeaux, insiste sur l'importance de distinguer les prescriptions pour le diabète de celles pour l'obésité. « C'est la même molécule mais pas la même posologie », précise-t-elle. « Il y a des indications à respecter sinon on peut voir apparaître des effets secondaires. »

Elle souligne également le problème d'accès à ces traitements : « Nos patients dans les centres santé obésité ont tous entendu parler de l'Ozempic, mais comme ils ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale, beaucoup n'y ont pas accès. » Ces médicaments coûtent environ 250 euros par mois et ne sont pas remboursés.

Le mésusage : un problème majeur

Le professeur Faillie identifie le mésusage comme la principale préoccupation : « On voit des gens qui achètent le produit sur Internet ou qui consomment le médicament acheté par un patient proche, ou bien qui s'injectent le produit en une fois sans respecter le dosage. »

Il insiste sur la nécessité d'un encadrement médical strict : « Il faut qu'un médecin vérifie les indications, les contre-indications et s'assure que le patient, si c'est une femme, ne soit pas enceinte. »

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Une prise de position des centres spécialisés

Le groupe de concertation et coordination des 37 centres santé obésité (CSO) de France a rédigé une prise de position concernant ces médicaments. Ce document aborde l'ensemble de la problématique, depuis les règles de bonne prescription jusqu'à l'accompagnement du parcours de soins des patients obèses. Il ne se limite pas à la prise du médicament mais insiste également sur :

  1. Le respect d'une alimentation équilibrée
  2. La pratique régulière d'exercice physique
  3. Un suivi médical approprié

Cette plainte collective contre NovoNordisk met en lumière les tensions entre le succès commercial de ces médicaments innovants et les risques potentiels pour la santé des patients, particulièrement en cas de mésusage ou de prescription inappropriée.