Obésité : Stéphanie perd 55 kg en dix mois, son parcours
Obésité : Stéphanie perd 55 kg, son parcours

Stéphanie Firetto, 55 ans, a perdu 55 kg en dix mois après une opération de l'estomac. Résidente du Gard, elle témoigne de son parcours contre l'obésité morbide, une maladie chronique qui l'accompagne depuis l'enfance.

Un parcours semé d'embûches depuis l'enfance

Stéphanie Firetto, devenue conseillère en image, raconte sans tabou son combat contre le poids. « J'ai toujours été trop ou pas assez ! », lance-t-elle. Dès l'enfance, elle est mise au régime par ses parents. « J'étais au régime tout le temps, mes parents m'imposaient des privations permanentes », se souvient-elle. Dans les années 80, on lui demande de maigrir pour des raisons esthétiques, pas pour sa santé. « Ma mère me disait "Tu as un joli visage, c'est dommage…" J'avais l'impression d'être toujours en échec. »

À 25 ans, elle a 25 kg de trop, une obésité sévère. Elle se cache, perd confiance en elle. Des années de thérapie lui permettent aujourd'hui de poser des mots justes sur son problème de poids.

Deux opérations et une perte spectaculaire

En 2015, à une trentaine d'années, Stéphanie subit une première opération de chirurgie bariatrique. « On m'enlève 80 % de l'estomac qui, en plus, était touché par l'endométriose », explique-t-elle. Le résultat est spectaculaire : elle perd 55 kg en dix mois. « J'ai perdu la moitié de moi-même, blague-t-elle, personne n'en revient, à l'époque, c'est assez inédit. »

En 2016, elle s'installe dans le Gard et, contre toute attente, tombe enceinte, « un bébé miracle », malgré de multiples pathologies. Mais un divorce et le suicide de son père la font replonger. « Entre 2019 et 2024, je reprends 35 kg, je suis en obésité morbide », confie-t-elle.

Une seconde opération et un suivi essentiel

Stéphanie décide de se faire réopérer. Elle entame un parcours de soins pré-opératoire à la polyclinique Grand Sud. « Mon estomac est foutu à cause de l'endométriose, il faut faire un by-pass, c'est-à-dire tout enlever », raconte-t-elle. Opérée en juillet 2024, elle est réopérée en urgence à cause d'une infection. « Depuis 2024, je suis heureuse », lance-t-elle.

Sa vie quotidienne est impactée : « Je mange cinq petits repas par jour, 30 g de steak et deux cuillérées de purée. Et j'attends une heure pour prendre le yaourt. » Elle est suivie par le centre Estim de la PGS, ouvert en 2017, qui a reçu 1 500 patients, environ 200 nouveaux chaque année. « Psychologue, diététicien, endocrinologue, ce suivi est essentiel pour moi, explique Stéphanie. Dès que j'ai un souci, on m'aide, on ne me laisse pas dériver. Aujourd'hui, je suis en forme mais j'ai repris 6 kg. L'obésité est une lutte de toute la vie. »

Des médicaments comme alternative

Fanelly Torres, du centre Estim, précise : « 45 % de la population est en surpoids ou obèse avec un IMC supérieur à 25 ou 30. Dont 15 % en obésité sévère avec un IMC au-dessus de 35. » Elle ajoute que l'obésité est multifactorielle : génétique, malbouffe, sédentarité, précarité, émotionnel.

Pour les obésités sévères, trois types d'opérations sont possibles : l'anneau gastrique, la sleeve gastrectomie ou le by-pass. « On réduit de fait sa quantité de nourriture des deux tiers. Le but est de perdre 30 à 40 % de son poids », explique Fanelly Torres. Mais l'opération n'est pas une solution miracle : « L'obésité est une maladie chronique. Il faut faire attention toute sa vie à manger mieux et surtout plus de protéines pour faire du muscle et à faire du sport. »

Deux médicaments, le Mounjaro et le Wegovy, permettent de perdre environ 20 % de son poids, « moins efficaces qu'une chirurgie mais accessible dès 30 d'IMC », selon Fanelly Torres. Marina, 45 ans, témoigne : « J'ai commencé le 8 juillet et j'ai perdu 14 kg. C'est miraculeux… » Elle a trouvé le médicament sur internet et son généraliste le lui a prescrit. Mais elle doit faire face à des effets secondaires et un coût élevé, le traitement n'étant pas toujours remboursé. Marina aimerait perdre encore dix kilos et arrêter l'injection hebdomadaire, avec la crainte de les reprendre.