Endométriose : la Nouvelle-Aquitaine montre l'exemple en matière de prévention et de soins
La journée nationale de l'endométriose, célébrée ce samedi, met en lumière les progrès accomplis dans la lutte contre cette affection gynécologique chronique. La Nouvelle-Aquitaine s'est imposée comme l'une des régions françaises les plus dynamiques et proactives en matière de prévention, de diagnostic et de prise en charge de cette pathologie qui affecte une femme sur dix.
Une maladie longtemps méconnue désormais prioritaire
L'endométriose, caractérisée par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, impacte sévèrement la qualité de vie des femmes concernées. Ses symptômes, souvent multiples et douloureux, peuvent également compromettre la fertilité. Après des années de méconnaissance et de sous-considération médicale, la maladie bénéficie aujourd'hui d'une attention accrue. Le gouvernement a lancé en 2022 une stratégie nationale visant à mieux comprendre et reconnaître l'endométriose, en soutenant la recherche et en formant les professionnels de santé.
Benoît Elleboode, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, souligne : « La santé des femmes est une priorité. » Dans cette région, où l'on estime que 135 000 à 225 000 femmes sont touchées, des actions concrètes ont été mises en œuvre pour améliorer la détection et le suivi.
Des avancées significatives en matière de diagnostic précoce
La Nouvelle-Aquitaine se distingue par son avance sur d'autres territoires. Une initiative majeure a été la formation de 515 infirmières scolaires, soit 66 % des infirmières des collèges et lycées de la région. « Nous sommes la première région de France à avoir réalisé ce défi, grâce à l'implication des rectorats et à la signature d'une convention avec la filière endométriose », explique Benoît Elleboode. Cette formation permet un repérage précoce essentiel pour orienter rapidement les jeunes filles concernées vers un parcours de soins adapté.
La région a également progressé dans la réduction des retards diagnostiques, qui s'élèvent en moyenne à sept ans au niveau national. L'année dernière, 465 tests salivaires Endotest ont été réalisés grâce au forfait innovation de la société Ziwig, basée à Tercis-les-Bains dans les Landes. La Nouvelle-Aquitaine se classe ainsi en seconde position derrière l'Auvergne-Rhône-Alpes pour cette innovation. Ces tests, réservés à des patientes présentant des signes cliniques spécifiques et une IRM pelvienne négative, visent à détecter précocement l'endométriose chez les femmes âgées de 10 à 59 ans.
La prévalence hospitalière dans la région atteint 16,9 diagnostics pour 10 000 femmes, dépassant largement la moyenne nationale de 11,2 pour 10 000. Ce chiffre ne signifie pas que l'endométriose est plus fréquente en Nouvelle-Aquitaine, mais plutôt que les patientes y sont mieux diagnostiquées. Toutefois, les diagnostics réalisés en ville, hors du cadre hospitalier, restent difficiles à quantifier.
Une prise en charge renforcée et structurée
Avec 26 centres spécialisés dédiés à l'endométriose, la Nouvelle-Aquitaine est aujourd'hui la première région française en termes d'infrastructures de prise en charge. Une dynamique positive anime les centres pluridisciplinaires, et trois sous-filières ont été créées pour optimiser le parcours des cas les plus complexes. « Le niveau de compétences des équipes s'améliore en même temps que la connaissance de cette pathologie », constate Benoît Elleboode.
Malgré ces avancées, des défis persistent. La région continue de travailler pour garantir une prise en charge satisfaisante sur l'ensemble de son territoire, en renforçant la coordination entre les différents acteurs de santé. La mobilisation autour de l'endométriose en Nouvelle-Aquitaine illustre une approche proactive et intégrée, qui pourrait servir de modèle pour d'autres régions dans la lutte contre cette maladie chronique.



