Une maladie silencieuse qui touche un Français sur dix
Les chiffres sont alarmants et méritent une attention particulière. En France, une personne sur dix souffre d'une maladie rénale sans même le savoir. Parmi ces cas, 2 à 3% présentent des formes sévères qui nécessitent une prise en charge immédiate. Chaque année, ce sont 11 000 personnes qui découvrent qu'elles sont atteintes d'insuffisance rénale terminale et doivent entrer en dialyse pour compenser l'effondrement de leur fonction rénale.
Le témoignage poignant de Thierry Garcia-Avrilleau
Thierry Garcia-Avrilleau, président de l'association France Rein pour la région Occitanie Gard Lozère, connaît bien cette réalité. Sportif accompli avec une hygiène de vie exemplaire, il a pourtant été frappé par un cancer du rein en 2022. "Des migraines tenaces, des sueurs froides... C'était déjà des signaux d'alerte auxquels je n'ai pas prêté attention", se souvient-il avec émotion.
Le diagnostic a révélé une tumeur de 8 centimètres qui a nécessité l'ablation de son rein droit. "C'est une maladie insidieuse qui avance sans symptômes apparents. Chez moi, je pense que la maladie était présente depuis cinq ans déjà. Il ne faut surtout pas attendre d'avoir mal, car lorsque le cancer est détecté, il est souvent métastasé", insiste-t-il avec conviction.
Une mobilisation massive pour la prévention
Depuis son expérience personnelle, Thierry Garcia-Avrilleau se consacre entièrement à la prévention de ce cancer dont l'incidence ne cesse d'augmenter, avec une progression de 2% chaque année. "Il y a environ 17 000 nouveaux cas par an et 6 000 décès. Le cancer du rein est devenu le cinquième cancer le plus fréquent, après ceux du sein, colorectal, poumon et prostate", précise-t-il avec des chiffres qui font réfléchir.
Les Foulées du rein : une course solidaire à Nîmes
Dans le cadre de la semaine du rein qui se déroule du 7 au 14 mars, l'association France Rein organise une course solidaire sur les allées Jean-Jaurès à Nîmes, le samedi 14 mars. L'événement, baptisé "Les Foulées du rein", permet à chacun de participer selon ses capacités et sa motivation.
"On peut courir à l'heure qu'on veut, entre 8 heures et 17 heures. Chacun choisit sa distance : 4, 12 ou 20 kilomètres. Et surtout, on peut se faire dépister sur place", souligne Thierry Garcia-Avrilleau avec enthousiasme. Des foulées similaires seront également organisées à Alès le samedi 21 mars et au Grau-du-Roi le samedi 4 avril.
Des dépistages gratuits dans toute la région
Pendant cette semaine dédiée à la santé rénale, plusieurs établissements médicaux proposent des tests de dépistage gratuits :
- Lundi 9 mars à la polyclinique Grand Sud
- Mardi 10 mars à la clinique des Oliviers à Gallargues-le-Montueux
- Jeudi 12 mars au CHU Carémeau
- Vendredi 13 mars au CH d'Alès
- Mardi 17 mars au CHU du Grau-du-Roi
- Mercredi 18 mars à l'hôpital d'Uzès
Le dépistage est simple et rapide : "Un simple échantillon d'urine dans lequel on trempe des bandelettes qui détectent une dizaine de marqueurs", explique Thierry Garcia-Avrilleau. L'hypertension et le diabète sont des facteurs aggravants qu'il est essentiel de surveiller régulièrement.
Des résultats encourageants et un espoir pour l'avenir
Les efforts de sensibilisation portent déjà leurs fruits. "En 2024, nous avions réalisé 50 dépistages. En 2025, ce chiffre est passé à 97", se réjouit le président de l'association. Chaque cas suspect orienté vers un médecin représente potentiellement "une vie sauvée", comme il aime à le répéter.
Pour les plus motivés, des courses virtuelles sont également proposées : les Virades du rein (10 à 30 kilomètres) ou la Pastorale du rein (plus de 40 kilomètres). Il suffit de courir avec une montre connectée et d'envoyer ses résultats sur le site de France Rein. Une belle manière de participer à la lutte contre cette maladie silencieuse où que l'on se trouve.



