Un espace dédié pour les annonces difficiles au CHU de Nice
Les professionnels de santé du service des urgences du CHU de Nice, situé à Pasteur 2, ne devront plus annoncer de mauvaises nouvelles « entre deux portes » dans les couloirs bondés. Depuis le mois dernier, l'établissement s'est doté d'un « salon d'annonce des familles » spécialement aménagé au cœur du service. Cette initiative vise à offrir un cadre confidentiel et serein pour les échanges entre soignants et proches de patients.
Rompre avec l'austérité hospitalière
Le salon a été conçu pour briser l'ambiance souvent anxiogène des urgences. « Avant, on faisait des annonces, parfois assez brutales, dans un couloir, entre deux portes, à côté d'un autre patient qui n'a pas forcément envie d'entendre ce qu'on est en train de dire », explique la professeure Julie Contenti, cheffe du service des urgences. Pour compenser l'absence de fenêtres, caractéristique des services d'urgence souvent situés en sous-sol, la pièce intègre un plafond lumineux et des couleurs apaisantes soigneusement choisies.
Un financement porté par le Lion's Club de Menton
Ce projet a été intégralement financé par le Lion's Club de Menton, sollicité par la professeure Contenti après avoir observé des initiatives similaires dans d'autres hôpitaux. « Des petits projets comme ça, ce n'est peut-être pas grand-chose pour eux, mais pour nous, dans la vie du service, c'est énorme », souligne-t-elle. Alain Esperto, président du club service mentonnais, confirme l'engagement : « Quand le docteur Contenti a déposé le dossier, notre commission sociale l'a examiné et on y était tous favorables. C'est toujours compliqué de donner une information peu agréable dans un couloir ».
Vers une généralisation dans l'établissement
À terme, le salon pourrait être équipé de dispositifs sonores et olfactifs pour créer un véritable « espace cocooning » où les familles pourraient rester une demi-heure ou une heure après une annonce difficile. « L'idée, c'est que les gens puissent trouver un petit espace cocooning et y rester avant de se remettre dans la vraie vie », précise la cheffe de service. Le CHU envisage désormais de dupliquer ce modèle dans d'autres services de l'établissement, marquant une évolution significative dans la prise en charge des proches de patients.



