Le navire de croisière MV Hondius enfin autorisé à accoster
Le MV Hondius, un navire de croisière reliant Ushuaïa en Argentine à l'archipel du Cap-Vert avec environ 150 personnes à bord, est toujours immobilisé au large de Praia, la capitale cap-verdienne. Ce mercredi, la ministre espagnole de la Santé a annoncé que le bateau accostera « dans un délai de trois jours » au port de Granadilla sur l'île de Tenerife, dans les Canaries. Cette décision va à l'encontre de la volonté du gouvernement local, qui craint des contaminations. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en place un protocole strict pour superviser cette évacuation.
Un foyer d'hantavirus déjà meurtrier
Le foyer d'hantavirus a déjà causé trois décès parmi les passagers. Un couple de Néerlandais et une Allemande sont morts depuis le début de la croisière. Un passager néerlandais de 70 ans est décédé le 11 avril, son corps débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril. Son épouse, également contaminée, a été débarquée le même jour et transférée par avion à Johannesburg, où elle est décédée le 26 avril. Le 2 mai, une ressortissante allemande est morte à bord.
Les passagers informés par courriel
Tous les passagers ayant voyagé sur le MV Hondius ont reçu un courriel les informant de la situation. Un homme de nationalité suisse s'est présenté de lui-même à l'Hôpital universitaire de Zurich avec de légers symptômes respiratoires. Selon les autorités suisses, l'homme et son épouse revenaient d'un voyage en Amérique du Sud fin avril et avaient voyagé sur le bateau de croisière. Informant le personnel de la contagion, il a « permis de le prendre en charge de manière isolée dès le début », a indiqué le docteur Manuel Schibler, responsable du laboratoire de virologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La période d'incubation de l'hantavirus pouvant aller d'une à quatre semaines, son épouse, qui ne présente aucun symptôme, s'est placée à l'isolement par sécurité.
Évacuations par avion médicalisé
Ce mercredi, deux avions médicalisés transportant des patients évacués du bateau ont décollé de l'aéroport de Praia au Cap-Vert pour les Pays-Bas. Trois personnes « dans un état stable » avaient été évacuées plus tôt dans la matinée : deux membres d'équipage malades avec des symptômes, mais dont l'état est stable, et une personne ayant été en contact proche avec un malade et ayant développé une légère fièvre. Des journalistes de l'AFP ont observé des personnes vêtues de tenues de protection médicale se rendant en vedette près du MV Hondius mardi soir. À la suite d'une demande officielle des Pays-Bas, le médecin du MV Hondius, qui se trouve dans un état grave, sera transporté aux Canaries dans un avion médicalisé.
Examen et transfert des passagers à Tenerife
Après ces premières évacuations, le MV Hondius prendra la direction des îles Canaries. Une fois sur place, l'équipage et les passagers seront examinés, pris en charge et transférés vers leurs pays respectifs, a précisé le ministère espagnol de la Santé.
L'OMS rassure : risque faible pour le grand public
L'OMS suppose qu'un ou plusieurs premiers cas ont été infectés en dehors du navire, avec une transmission interhumaine limitée. Maria Van Kerkhove, directrice du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS, a déclaré qu'il faut être très proche pour se contaminer. « Le risque pour le grand public est faible. Il ne s'agit pas d'un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19 », a-t-elle précisé. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également affirmé qu'il ne pense pas que la situation soit similaire au début de la pandémie de Covid-19, ajoutant que le risque pour le reste du monde est faible.
Recherche de cas contacts
L'OMS a lancé des recherches pour retrouver les passagers du vol Sainte-Hélène/Johannesburg du 25 avril, emprunté par la Néerlandaise décédée à Johannesburg. Le variant du virus n'a pas encore été identifié, mais le séquençage est en cours en Afrique du Sud. L'hypothèse de travail est celle d'un virus des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée a été documentée.



