Moustiques tigres en Nouvelle-Aquitaine : la vigilance s'intensifie face aux risques sanitaires
Moustiques tigres : la vigilance s'intensifie en Nouvelle-Aquitaine

Les moustiques envahissent la Nouvelle-Aquitaine dès les premières chaleurs

Les températures printanières ont précipité le réveil des insectes piqueurs en Nouvelle-Aquitaine, suscitant des inquiétudes dans la région, notamment après le cluster de chikungunya survenu à Bergerac durant l'été 2025. Dans la métropole bordelaise et plusieurs grandes villes comme La Rochelle, Bayonne ou Biarritz, les habitants signalent déjà des bourdonnements stressants, annonciateurs d'une saison potentiellement agitée.

Une guerre silencieuse contre les vecteurs de maladies

La France mène une lutte acharnée contre certains moustiques, loin des conflits internationaux. Christophe Courtin, responsable du centre de démoustication de Bordeaux Métropole, rappelle qu'il existe plus de 3 500 espèces de moustiques dans le monde, dont une centaine en Europe et seize autour de Bordeaux. Parmi celles-ci, huit se nourrissent de sang humain et deux sont capables de transmettre des maladies virales.

Le moustique tigre, ou Aedes albopictus, est le plus redouté des autorités sanitaires. Ayant colonisé l'ensemble du territoire français, il a semé la zizanie dans la région l'été dernier, provoquant le cluster de chikungunya à Bergerac. Cet insecte peut également véhiculer les virus de la dengue ou de Zika. Christophe Courtin met aussi en garde contre le moustique commun, Culex pipiens, actif la nuit et vecteur du virus du Nil occidental, bien que plus rarement.

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Pas de moustique tigre détecté pour l'instant

La saison des moustiques a débuté précocement cette année, avec des alertes multipliées sur la plateforme « Moustique tigre » de Bordeaux Métropole depuis fin mars. Les pluies abondantes de l'hiver, combinées aux chaleurs printanières, ont favorisé la prolifération dans les zones humides et les vides sanitaires.

Malgré cette activité intense, Christophe Courtin se veut rassurant : « Pour le moment, nous n'avons pas trouvé d'Aedes albopictus dans nos pièges. » Ces observations sont confirmées par le réseau « pièges pondoirs » de l'Agence régionale de santé, qui ne lance sa surveillance officielle qu'à partir du 1er mai. En 2024, 71 % de la population régionale était exposée au moustique tigre, mais l'insecte semble encore sommeiller.

Des méthodes de capture traditionnelles et des analyses minutieuses

Les moustiques actuellement repérés appartiennent à des espèces comme Aedes rusticus, Aedes cantans, Aedes detritus et Culiseta subochrea, issues des zones humides et forestières. Pour les identifier, les experts analysent la trompe, les tibias, les palpes et l'abdomen des insectes.

La chasse aux moustiques se pratique parfois à l'ancienne : « On soulève le pantalon et on attend que l'insecte se pose sur le mollet », expliquent les démousticateurs. Après capture, les spécimens sont aspirés dans un tube en verre et dirigés vers le laboratoire. Récemment, un habitant du Taillan-Médoc a même transmis des centaines d'individus piégés par un émetteur de CO2, témoignant de l'ampleur du phénomène.

Actions préventives et responsabilité collective

Pour éviter une prolifération incontrôlée, les démousticateurs de Bordeaux Métropole multiplient les interventions préventives dans les zones marécageuses, utilisant un larvicide biologique (BTI) dans des secteurs ciblés. Lilian Counil, démousticateur, souligne cependant que ces mesures ne suffisent pas : « 90 % des éclosions de moustiques tigres ont lieu chez les particuliers. La lutte contre la prolifération est l'affaire de tous. »

La situation reste évolutive, dépendant fortement des précipitations et des conditions climatiques. Altopictus, une entreprise spécialisée, avertit que si la chaleur s'installe durablement avec des épisodes orageux, le moustique tigre pourrait émerger dès fin avril. En attendant, la vigilance et la coopération de chacun sont essentielles pour contenir cette menace sanitaire.

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