Millau trouve une solution temporaire pour son service de psychiatrie
À Millau, le service de psychiatrie adulte du Sud-Aveyron, en proie à une crise sans précédent, peut enfin entrevoir une lueur d'espoir. Alors que le départ imminent du Dr Jean-François Gonzales, dernier psychiatre hospitalier en poste, menaçait la prise en charge de 2 000 patients et mettait en péril 73 emplois, une solution temporaire a été trouvée.
Une mobilisation qui porte ses fruits
Le 5 mars, à l'appel des syndicats, 600 personnes avaient rejoint les personnels hospitaliers lors d'une mobilisation en soutien au service psychiatrique de Millau. Cette pression a contribué à accélérer les recherches de solutions. Emmanuelle Gazel, maire de Millau et présidente du conseil de surveillance de l'hôpital, candidate à sa réélection, a annoncé l'arrivée prochaine de psychiatres remplaçants.
"Le planning de mai et juin est quasi bouclé", déclare la maire, soulignant que cette avancée est le résultat d'un travail de longue haleine et d'une coopération étroite avec le CHU de Montpellier. Depuis plusieurs mois, l'annonce du départ du Dr Gonzales, effectif au 1er mai, avait plongé les acteurs locaux et les patients dans l'inquiétude.
Des perspectives à plus long terme
La situation reste fragile, mais des perspectives se dessinent pour l'avenir. Un praticien hospitalier devrait rejoindre l'équipe dès novembre, tandis que le Dr M'Pia, déjà en poste, devrait obtenir son plein exercice en septembre. Ces développements soulagent les personnels qui ont pris part à la manifestation de mars pour "sauver la psychiatrie à Millau".
Emmanuelle Gazel se félicite des progrès : "On avance bien", tout en rappelant que pour juillet-août, les choses se décantent souvent au dernier moment. Les psychiatres, très sollicités, confirment généralement leur disponibilité seulement un ou deux mois à l'avance.
Le défi structurel de la loi Rist
Au-delà des solutions temporaires, la psychiatrie publique se heurte à des défis structurels. Déjà confrontée à une pénurie nationale de praticiens, elle doit composer avec les effets pervers de la loi Rist. Cette loi plafonne les rémunérations des praticiens vacataires et des intérimaires médicaux dans le public, mais pas dans le privé.
"Cette loi est indispensable pour éviter la surenchère, mais elle doit s'appliquer à tous, sinon elle organise le départ des psychiatres vers le privé", reconnaît Emmanuelle Gazel. La maire a interpellé Stéphanie Rist, ministre de la Santé, pour demander une extension de cette loi à l'ensemble des secteurs, estimant que "la loi Rist doit s'appliquer à tous" pour garantir l'équité et préserver les services publics.
Malgré les avancées, la situation reste précaire. La crise du service psychiatrique de Millau illustre les difficultés plus larges de l'accès aux soins en milieu rural et les défis de recrutement dans la santé publique. Les mois à venir seront déterminants pour consolider ces premières solutions et assurer la pérennité du service.



