Longévité : l'alimentation, un levier plus puissant que la génétique selon une étude
Le secret de la longévité se cache-t-il dans notre patrimoine génétique ou dans notre mode de vie ? En France, l’espérance de vie est estimée à 80,4 ans pour les hommes et à 85,9 ans pour les femmes en 2025. Toutefois, ces chiffres n’ont guère progressé au cours des dix dernières années et l’espérance de vie des femmes stagne depuis 2019. En outre, l’espérance de vie en bonne santé demeure stable, aux alentours de 64 ans. Ainsi, bien que nous vivions plus longtemps, la qualité de vie ne s’améliore pas nécessairement. L’alimentation déséquilibrée figure parmi les principales causes de mortalité dans le monde. Et si la clé pour prolonger l’espérance se trouvait dans notre assiette ?
Cinq régimes passés au crible
Une vaste étude publiée le 13 février 2026 dans la revue Science Advances apporte des réponses précieuses sur l’impact de notre alimentation sur notre mode de vie. Des chercheurs ont observé un groupe de 103 649 participants pendant un peu plus de 10 ans au cours desquels 4 314 d’entre eux sont décédés. Leur adhésion à cinq modèles alimentaires reconnus a été évaluée : régime méditerranéen, indice d’alimentation saine alternative (AHEI), régime végétal, régime DASH et régime de réduction du risque de diabète (DRRD). Résultat : à 45 ans, les hommes les mieux classés gagnaient entre 1,9 et 3 ans d’espérance de vie par rapport aux moins bien classés. Chez les femmes, le gain atteignait 1,5 à 2,3 ans.
La génétique ne scelle pas le destin
L’apport majeur de cette étude réside dans la prise en compte de la génétique. Grâce à un score de risque polygénique de longévité, les chercheurs ont montré que les bénéfices de l’alimentation saine persistent indépendamment du patrimoine génétique. Que vous soyez génétiquement prédisposé à une vie brève ou longue, mieux manger allonge votre espérance de vie. Voilà qui bat en brèche le fatalisme de ceux qui invoquent leurs antécédents familiaux pour ne rien changer ! Notre mode de vie est un levier majeur, même quand l’ADN ne joue pas en notre faveur.
Des fibres plutôt que la perfection
Les cinq modèles étudiés partagent un socle commun : beaucoup de fruits, de légumes, de céréales complètes et de protéines végétales, et peu de boissons sucrées. Parmi tous les composants analysés, les fibres alimentaires apparaissent comme le facteur le plus fortement associé à la longévité. Ces glucides végétaux que nos enzymes ne digèrent pas traversent l’intestin grêle pour nourrir le microbiote. Solubles, elles ralentissent l’absorption des sucres et du cholestérol. Insolubles, elles accélèrent le transit. On les trouve en abondance dans les légumineuses, les céréales complètes, les graines de chia ou de lin, les amandes, les framboises et les avocats. L’ANSES recommande 30 g par jour. Les Français en consomment en moyenne 20 g. Un déficit chronique qui, à la lumière de ces résultats, prend une dimension nouvelle.
Autre enseignement rassurant : les participants qui tiraient le plus de bénéfices n’étaient pas des ascètes du régime. Ils affichaient, certes, de bons scores mais pas parfaits. Il n’existe pas un seul bon régime, mais plusieurs façons de bien manger, adaptables aux goûts de chacun.
L’assiette comme premier médicament
En France, la précarité alimentaire touche jusqu’à 16 % de la population et l’écart d’espérance de vie entre les plus aisés et les plus modestes atteint 13 ans chez les hommes. Faire de l’alimentation saine un enjeu de santé publique n’est pas un luxe, c’est une urgence. D’autant qu’une étude publiée dans Nature Food avait déjà estimé que le passage d’une alimentation déséquilibrée à un modèle favorable à la longévité pouvait être associé à un gain d’espérance de vie allant jusqu’à dix ans. De précieuses années de vie pourraient être gagnées en mangeant mieux, en mettant simplement plus de légumes et de légumineuses dans notre assiette. Les remèdes les plus puissants sont parfois les plus simples !



