Lait infantile contaminé : l'association APS-Enfants dépose trois plaintes contre X
Lait infantile contaminé : trois plaintes contre X déposées

Lait infantile contaminé : l'association APS-Enfants intensifie son action judiciaire

Le Rochelais Quentin Guillemain, président de l'Association pour la santé des enfants (APS-Enfants), a annoncé le dépôt de trois plaintes pénales contre X le 13 février dernier. Cette démarche s'inscrit dans le contexte des enquêtes en cours sur les laits infantiles contaminés distribués par plusieurs grands groupes agroalimentaires.

Cinq enquêtes judiciaires ouvertes à Paris

Le parquet de Paris a ouvert cinq enquêtes le 30 janvier concernant des laits infantiles contaminés commercialisés par Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins. Les investigations portent notamment sur des accusations de mise en danger de la vie d'autrui. Parallèlement, d'autres enquêtes se poursuivent sous la direction des parquets d'Angers, Bordeaux et Blois, concernant spécifiquement des nourrissons décédés ou ayant présenté des troubles de santé graves.

Le ministère de la Santé a récemment indiqué qu'il pourrait être difficile d'établir avec certitude « le lien d'imputabilité » entre la consommation de ces laits contaminés et les hospitalisations ou décès observés. Cette complexité scientifique n'a pas découragé l'APS-Enfants dans sa démarche judiciaire.

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Une association née d'une première affaire Lactalis

Quentin Guillemain explique que l'association est née en 2017 suite à la première affaire Lactalis, lorsque sa propre fille avait consommé des laits infantiles contaminés à la salmonelle. « Après avoir déposé une plainte, nous avions été contactés par plusieurs familles. C'est pour cette raison que nous avons décidé d'agir collectivement en créant cette association », précise-t-il.

Depuis sa création, l'APS-Enfants a permis le dépôt de 300 plaintes en France concernant divers dossiers liés à la santé des enfants. Une mise en examen a eu lieu en 2023, et l'association attend toujours un procès. Elle s'est également investie dans d'autres problématiques, comme la composition des couches pour bébés.

Trois plaintes contre X pour soutenir les enquêtes

Les trois plaintes déposées par l'association visent à soutenir les investigations des parquets de Paris, Bordeaux et Angers. « Notre démarche est complémentaire de ces procédures. Il s'agit surtout de soutenir l'action des parquets dans leurs investigations, et faire en sorte que les enquêtes ne s'éteignent pas », explique Quentin Guillemain.

Il souligne un risque particulier concernant les enquêtes à Bordeaux et Angers, où les parquets se sont auto-saisis sans plainte préalable des familles. « Notre action est une manière de maintenir une pression », affirme-t-il.

Des attentes précises envers la justice

L'association attend des magistrats qu'ils établissent les faits et les responsabilités, mais aussi qu'ils consignent rapidement les pièces et documents importants. « Il est arrivé par le passé que, par exemple, un ordinateur contenant des informations importantes 'disparaisse' », rappelle Quentin Guillemain.

L'enquête pénale permettrait également d'établir une chronologie rigoureuse et centralisée des événements, ce qui serait crucial pour déterminer les responsabilités.

Une responsabilité qui dépasse les industriels

Si les plaintes visent principalement la responsabilité des industriels, l'APS-Enfants souhaite aussi que la procédure permette d'évaluer les éventuelles défaillances de la réglementation et des contrôles par les pouvoirs publics. « Ils nous paraissent insuffisants, car la règle dominante est celle de l'autocontrôle par les entreprises », critique Quentin Guillemain.

Il déplore que les retraits et rappels de produits interviennent généralement après l'apparition de cas de maladie, sans que les causes profondes ne soient toujours élucidées. « Puis l'entreprise assainit sa chaîne de production, et on passe à autre chose, sans aller au bout des causes », regrette-t-il.

Cette action judiciaire s'ajoute à celle de l'ONG Foodwatch, qui a déposé une plainte contre X au nom de huit familles à Paris. Ensemble, ces initiatives visent à garantir que la lumière soit faite sur ce scandale sanitaire qui touche les plus vulnérables.

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