Lab Santé Midi Libre : Mieux dépister et accompagner les fragilités psychiques
Jeudi, un nouveau Lab Santé organisé par Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas a rassemblé des professionnels de santé autour d'une question cruciale : la santé mentale. Cette rencontre a mis en lumière les enjeux de la prévention et de l'accompagnement des personnes confrontées à des fragilités psychiques.
Une approche globale de la santé mentale
Charlotte Hammel, directrice adjointe à l'ARS Occitanie, a insisté sur le fait que la santé mentale ne se limite pas à la maladie psychiatrique. En reprenant la définition large de l'OMS, elle a rappelé qu'elle englobe un spectre complet, allant du bien-être psychique à la détresse, jusqu'aux troubles psychiatriques avérés.
« Dès qu'un trouble du quotidien apparaît, consulter un professionnel de santé doit devenir un réflexe », a-t-elle souligné. Cependant, cette démarche suppose que la souffrance soit préalablement reconnue, ce qui n'est pas toujours le cas.
L'errance diagnostique : un parcours semé d'embûches
Le témoignage de Florence Bourle, âgée de 58 ans, illustre parfaitement les difficultés du dépistage. Elle raconte les premiers symptômes apparus après la naissance de sa fille en 1992, initialement attribués à un simple post-partum.
Les années ont passé, marquées par une lutte constante, jusqu'à une rechute brutale qui a finalement permis un diagnostic plus précis. Son histoire met en évidence les retards souvent observés dans la prise en charge des troubles psychiques.
Le rôle crucial des médecins généralistes
Jean-Christophe Calmes, médecin généraliste et président de l'URPS, a partagé son expérience quotidienne au cabinet. Il a rappelé que la santé mentale est au cœur du soin de premier recours, mais que les patients n'abordent pas toujours directement leur souffrance psychique.
« Ils consultent pour autre chose, tandis que certains signaux faibles doivent alerter : conduites addictives, alcool, toxicomanie chez les jeunes, symptômes diffus. Il y a forcément un problème derrière », a-t-il expliqué.
Les défis du dépistage des troubles sévères
Maddy Tesseidre, bénévole à l'Unafam, a souligné les difficultés spécifiques liées au dépistage des troubles psychiques sévères. Ces troubles surviennent souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, périodes où il est déjà complexe de distinguer une crise passagère du début d'une maladie.
Le déni, tant de la part du malade que de sa famille, complique encore la situation. Si la parole se libère davantage aujourd'hui, l'émotion, le désarroi et le besoin d'accompagnement restent entiers.
Une urgence sociétale
Cette table ronde a confirmé que la santé mentale constitue une véritable urgence sociétale. Les professionnels présents ont unanimement plaidé pour :
- Un dépistage plus précoce des fragilités psychiques
- Une meilleure formation des acteurs de première ligne
- Un accompagnement renforcé des patients et de leurs familles
- Une déstigmatisation des troubles mentaux
Le Lab Santé de Saint-Jean-de-Védas a ainsi permis de mettre en lumière les défis actuels et les pistes d'amélioration pour une prise en charge plus efficace de la santé mentale en Occitanie.



