Alors que le printemps s'installe, une date discrète figure dans le calendrier de la santé mondiale : le 25 avril. Ce jour, dédié à la lutte contre le paludisme, représente un enjeu essentiel pour de nombreux pays touchés par cette maladie. Mais d'où vient cette mobilisation et pourquoi avoir choisi précisément cette date ? Pour bien comprendre l'importance de cette journée, il faut d'abord rappeler ce qu'est le paludisme, également appelé malaria. Il ne s'agit pas d'un virus, mais d'une maladie provoquée par un parasite du genre Plasmodium. Il voyage sans qu'on le sache dans les glandes salivaires d'un moustique bien spécifique, l'anophèle femelle. Une anophèle femelle est le seul moustique pouvant transporter des parasites responsables du paludisme. Lorsqu'elle pique un humain pour se nourrir de sang, elle transmet le parasite qui s'attaque ensuite au foie puis aux globules rouges. Les symptômes ressemblent d'abord à une forte grippe, avec des fièvres brutales et des frissons, mais, sans traitement rapide, l'infection peut devenir mortelle, particulièrement chez les jeunes enfants et les femmes enceintes dont le système immunitaire est plus fragile.
La « Journée africaine du paludisme »
L'histoire de cette journée mondiale commence en Afrique. Le 25 avril 2000, les dirigeants de 44 pays de l'Organisation de l'unité africaine se réunissent à Abuja, au Nigeria, lors d'un sommet historique. Leur but : lutter contre le paludisme qui ravage de nombreuses populations africaines. Ils y signent la Déclaration d'Abuja et s'engagent à diviser par deux la mortalité due à la maladie en facilitant l'accès aux traitements et aux moustiquaires imprégnées d'insecticide pour les populations les plus vulnérables. Pour marquer cet engagement, ils instaurent la « Journée africaine du paludisme » chaque 25 avril.
Ce n'est qu'en mai 2007, lors de l'Assemblée mondiale de la santé, que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) décide de transformer cette célébration continentale en une journée mondiale. L'objectif était de faire comprendre que le paludisme n'est pas seulement un problème africain, mais un défi global qui nécessite des financements et une recherche scientifique internationale. Durant cette journée, l'accent est mis sur la pédagogie et l'action. C'est un moment où les gouvernements et les associations distribuent des millions de moustiquaires, le rempart le plus simple et efficace. C'est aussi l'occasion de lever des fonds pour la recherche sur les vaccins, dont les premiers modèles commencent à être déployés à grande échelle, offrant enfin un espoir après des décennies de stagnation. Les nouvelles moustiquaires sont enduites d'un insecticide pyrrole de nouvelle génération en combinaison avec l'insecticide pyréthrinoïde standard.
Une bataille loin d'être gagnée
Aujourd'hui, la géographie du paludisme reste marquée par les inégalités. Si la maladie a été éradiquée en Europe et en Amérique du Nord au siècle dernier, elle continue de peser lourdement sur l'Afrique subsaharienne, qui concentre plus de 90 % des cas et des décès mondiaux. Des pays comme le Nigeria, la République démocratique du Congo, l'Ouganda et le Mozambique sont en première ligne. Le changement climatique et la résistance des moustiques aux insecticides compliquent la donne, rendant la journée du 25 avril plus indispensable que jamais pour ne pas baisser la garde. Des victoires sanitaires démontrent tout de même que l'élimination de la maladie est possible : l'Algérie, l'île Maurice et plus récemment le Cap-Vert sont devenus les trois premiers pays d'Afrique ayant éradiqué le paludisme sur leur territoire.



