Infirmières varoises sans salaire depuis février : un conflit avec la CNAM paralyse l'association Asalée
Depuis le 1ᵉʳ février, les infirmières de l'association Asalée ne perçoivent plus leur salaire. Elles sont 71 dans ce cas en régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse. En cause : un conflit avec la Caisse nationale d'Assurance maladie qui a coupé les aides.
Un maillon essentiel de la santé en danger
Réparties dans toute la France, les 2 080 infirmières de l'association Asalée assurent ce que les 9 500 médecins partenaires n'ont pas le temps de faire : l'éducation thérapeutique des patients souffrant de pathologies chroniques, comme le diabète, les problèmes cardiovasculaires, les troubles cognitifs, le sevrage tabac, le surpoids de l'enfant et de l'adolescent, ou l'équilibrage alimentaire. En plus des rendez-vous individuels, elles organisent des ateliers collectifs de mémoire et de marche pour éviter une perte d'autonomie et redonner confiance à ceux qui ont décroché socialement. Elles travaillent également avec des municipalités ou des Communautés professionnelles territoriales de santé.
Des situations personnelles précaires
Delphine Bertille, infirmière dans le Haut-Var, témoigne : « J'ai la chance de vivre en couple et d'avoir un mari qui travaille, mais on ne va pas tenir longtemps. J'ai des charges, une fille encore étudiante, des crédits... J'ai des collègues en plus grande difficulté, certaines sont seules avec enfants. » Malgré cela, les infirmières continuent de travailler bénévolement. « On travaille bénévolement car il est inconcevable pour nous de ne plus soigner les patients et d'aider leurs familles », explique Delphine Bertille.
Un conflit financier avec la CNAM
La raison de cette situation de blocage est un conflit entre la gouvernance d'Asalée et la Caisse nationale d'assurance maladie, qui finance cette association à hauteur de 95 %. La CNAM reproche à la direction de l'association une mauvaise gestion, une opacité comptable ou encore le non-respect des conventions avec l'Assurance maladie. Avec pour conséquence la suspension des aides depuis décembre 2025.
Des actions en cours et des inquiétudes
Ce jeudi 26 mars, une manifestation nationale prévue à Paris trouvera des échos en région. Le lendemain, le tribunal administratif de Paris se prononcera sur le devenir de l'association. Marie-Agnès Mathieu, infirmière à Brignoles, espère pouvoir continuer à pratiquer des soins individualisés. « On espère pouvoir continuer de prodiguer des soins individualisés qui suivent le rythme de nos patients », souffle-t-elle. Delphine Bertille s'inquiète : « Si l'association devait s'arrêter, ça serait une catastrophe au-delà de nos postes, pour des milliers de patients abandonnés. »



