Un rapport accablant sur le sous-financement des hôpitaux publics
Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, a été interpellée à l'Assemblée nationale, à Paris, le 17 février 2026, lors de la proposition de loi relative aux soins palliatifs et à l'accompagnement. Cette intervention survient dans un contexte particulièrement tendu pour le secteur hospitalier français.
Des résultats d'inspection qui confirment les alertes
Très attendus par les centres hospitaliers, alors que la recherche d'économies domine dans le secteur de la santé, les résultats des travaux des inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) ont été rendus publics mercredi 18 février. Ces expertises, commandées pour analyser les déficits qui ont explosé depuis la fin de la crise du Covid-19, viennent confirmer ce que clament les établissements depuis des mois.
Une part importante du « trou » dans les finances hospitalières – qui atteint 2,9 milliards d'euros en 2024 – s'explique par un sous-financement de l'État, et non par une mauvaise gestion interne. Cette révélation tombe comme une pierre dans le jardin du gouvernement, alors que les voyants sont au rouge pour la branche maladie de la Sécurité sociale, avec 16 milliards d'euros de déficit.
Une situation financière d'une gravité inédite
Les difficultés des hôpitaux constituent un autre point noir majeur du système de santé français. Le déficit hospitalier n'a cessé de plonger, « se creusant de 1 milliard supplémentaire par an au cours des deux dernières années », pour atteindre une situation financière « d'une gravité inédite », selon les termes mêmes des inspecteurs généraux.
Comment expliquer cette dégradation aussi rapide et profonde ? Un premier rapport, signé par deux membres de l'IGAS, s'est précisément penché sur la question de « la compensation financière des revalorisations salariales et de l'inflation dans les établissements publics de santé entre 2020 et 2024 ».
Un diagnostic sans appel sur les responsabilités
Le document livre un diagnostic sans appel : le sous-financement des établissements de santé, dû principalement à des revalorisations salariales non compensées par l'État, est évalué à 1,7 milliard d'euros – et ce chiffre est calculé hors impact de l'inflation. Cette somme colossale représente donc la part directement imputable aux décisions de financement public insuffisantes.
Les centres hospitaliers, déjà sous tension depuis la pandémie, se retrouvent ainsi pris en étau entre des besoins croissants de la population, des obligations légales de revalorisation salariale pour leur personnel, et des moyens financiers qui ne suivent pas. Cette situation menace directement la qualité des soins et la pérennité même de certains établissements, particulièrement dans les territoires déjà fragilisés.



