Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue : son enfance libanaise et son combat pour les femmes
Ghada Hatem-Gantzer : enfance libanaise et combat féministe

Ghada Hatem-Gantzer : une vie dédiée aux femmes, forgée par la guerre

Dans le cadre de la série « Je ne serais pas arrivée là si… » du journal Le Monde, la gynécologue-obstétricienne Ghada Hatem-Gantzer se confie sur les moments décisifs qui ont façonné son parcours exceptionnel. Fondatrice de la Maison des femmes, elle revient avec émotion sur son enfance au Liban, un pays déchiré par la guerre civile, et explique comment cette expérience a nourri son engagement indéfectible pour la défense des droits des femmes.

Une enfance libanaise sous le signe du chaos et de la résilience

Née à Beyrouth en 1959, Ghada Hatem-Gantzer insiste sur l'impact profond de ses origines libanaises. « Je ne serais pas arrivée là si je n'étais pas née au Liban, si je n'avais pas eu trois frères et si je n'avais pas vécu le chaos d'une guerre civile », déclare-t-elle. Cette période tumultueuse a été déterminante, lui apprenant très tôt que la vie ne tient qu'à un fil, une prise de conscience qui a aiguisé sa sensibilité et sa détermination.

Malgré les conflits, elle bénéficie d'une éducation privilégiée au lycée français de Beyrouth, où des enseignants passionnés, détachés militaires venus de France, lui transmettent l'amour de la culture française. « J'ai été biberonnée aux valeurs des Lumières et de la laïcité », souligne-t-elle, ajoutant que ces principes l'ont aidée à s'affranchir des contraintes pesant sur les femmes en Orient.

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La naissance d'un engagement féministe et humaniste

Après son baccalauréat, Ghada Hatem-Gantzer saisit l'opportunité de poursuivre ses études en France, une fenêtre de tir qui lui permet de quitter un pays en crise. Cette expérience d'exil renforce sa vocation médicale et son désir d'aider les femmes en détresse. Devenue gynécologue, elle consacre sa carrière à combattre les violences faites aux femmes, un combat qu'elle mène avec une énergie contagieuse.

Son travail inspire le film La Maison des femmes de Mélisa Godet, sorti le 4 mars au cinéma, où l'actrice Karin Viard incarne son personnage. Bien que physiquement différente, le film capture parfaitement sa passion et son dévouement. La Maison des femmes, qu'elle a fondée, est devenu un symbole d'espoir et de soutien pour des milliers de femmes victimes de violences.

Un héritage de lutte et d'espoir

Ghada Hatem-Gantzer estime que son enfance libanaise, bien qu'elle ne décide pas tout, lui a donné des repères essentiels. « Naître femme en terre d'Orient conditionne beaucoup de choses », explique-t-elle, tout en reconnaissant que le Liban de son époque était perçu comme progressiste, souvent surnommé « la Suisse du Proche-Orient ». Cette dualité entre tradition et modernité a alimenté sa réflexion et son action.

Aujourd'hui, son message reste clair : l'éducation et la solidarité sont des armes puissantes pour lutter contre les inégalités. Son parcours, marqué par la guerre et l'exil, témoigne de la capacité à transformer l'adversité en force, inspirant ainsi de nombreuses personnes à travers le monde.

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