L'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) a tenu son assemblée générale et des tables rondes à Nîmes ce samedi 26 septembre. Plus de 200 personnes étaient présentes pour entendre le message de l'association : la loi sur l'aide à mourir, votée après 46 ans d'attente, est historique mais incomplète, et l'ADMD reste mobilisée.
Une loi attendue depuis 46 ans
« Cette loi sur l'aide à mourir est attendue depuis 46 ans », a lancé en préambule Catherine Daquin, la déléguée départementale de l'association. Le vote de cette loi est donc historique, l'aide à mourir est désormais inscrite dans le Code de la santé publique. Selon Jonathan Denis, président de l'ADMD depuis 2021, « on attend les décrets d'application d'ici la fin de l'année. Et les premiers accompagnements début 2027 ».
L'engagement de Jonathan Denis est né avec le cas de Vincent Humbert, jeune homme de 20 ans devenu tétraplégique, que sa mère a aidé à mourir à sa demande. Puis, en 2008, il accompagne son père très malade qui se fera euthanasier clandestinement. « J'ai découvert que la liberté de mourir n'existait pas », explique-t-il.
Des témoignages poignants de militants
Atteint de la maladie de Charcot, Thomas, 56 ans, est venu de Marseille pour assister à cette journée de l'ADMD à Nîmes. « Pour moi, la question de l'aide à mourir s'est imposée », explique ce militant depuis 2022. « Choisir ma mort, c'est primordial, je veux mourir dignement près des miens quand je le choisirai. »
Pour Marie, adhérente depuis cette année, c'est une évidence : « J'ai accompagné des personnes de ma famille dont les fins de vie ont été horribles, je ne veux pas de ça ».
Une vigilance maintenue par l'ADMD
Historique mais incomplète, estime Jonathan Denis : « Les souffrances psychologiques seules ne sont pas prises en compte, les directives anticipées demandant une euthanasie ne sont plus valables si le malade ne peut l'exprimer clairement à la fin de sa vie. L'ADMD reste vigilante et mobilisée ».
L'association, qui compte 83 000 adhérents, continuera donc à suivre de près l'application de cette loi et les décrets à venir.