L'OMS tire la sonnette d'alarme sur les menaces pesant sur les programmes de vaccination
Les programmes de vaccination à travers le monde se trouvent confrontés à une double menace inquiétante : la prolifération de la désinformation et les incertitudes persistantes concernant le financement de la recherche. C'est l'avertissement solennel qu'ont lancé mercredi les experts en immunisation de l'Organisation mondiale de la Santé, réunis au sein du Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination.
Un contexte de bouleversements profonds pour la santé mondiale
Kate O'Brien, directrice du département immunisation et vaccins de l'OMS, a dressé un tableau préoccupant de la situation actuelle. « Nous vivons une période de profonds bouleversements, tant en matière de maladies infectieuses que de programmes de vaccination », a-t-elle déclaré, évoquant notamment :
- Les conflits armés qui perturbent les systèmes de santé
- Les difficultés économiques persistantes à l'échelle mondiale
- Les restrictions budgétaires affectant le secteur de la santé
La désinformation : une menace directe pour la confiance vaccinale
Le Sage a identifié dans son dernier communiqué deux défis majeurs pour les années à venir :
- L'incertitude quant au financement de la recherche et du développement des vaccins
- La désinformation et les informations déformées qui érodent la confiance du public
« La confiance dans les vaccins est menacée par la désinformation. Le risque est celui d'un recul, voire de pays qui décident ne pas pouvoir financer l'ensemble des vaccins prévus dans leur programme », a insisté Kate O'Brien devant la presse.
Réaffirmation scientifique face aux fausses affirmations
L'OMS a récemment dû contrer des affirmations antivaccins propagées par certaines personnalités publiques, notamment celles liant vaccins et autisme. « Les vaccins ne causent pas l'autisme et ne l'ont jamais causé », a martelé Kate O'Brien, rappelant que les vaccins avaient sauvé 154 millions de vies au cours des cinquante dernières années.
Autres préoccupations sanitaires majeures
Le Sage a également exprimé son inquiétude concernant :
- La transmission continue de la poliomyélite à poliovirus sauvage au Pakistan et en Afghanistan
- La détection persistante du poliovirus de type 2 dérivé d'une souche vaccinale dans plusieurs pays africains
Anthony Scott, président du Sage, a averti que « le conflit au Moyen-Orient pourrait bien entraîner une nouvelle propagation du poliovirus, ce qui alourdirait encore la tâche pour atteindre l'objectif d'éradication ».
Recommandations pour la vaccination contre le Covid-19
Concernant spécifiquement la vaccination contre le Covid-19, le Sage a formulé plusieurs recommandations importantes :
- Envisager une vaccination systématique deux fois par an pour les groupes les plus à risque
- Cette mesure est justifiée par la diminution du niveau de protection au-delà de six mois
Kate O'Brien a également souligné que le marché des vaccins contre le Covid-19 s'était considérablement réduit, avec désormais un nombre limité de fabricants et de types disponibles. Les vaccins à ARN messager restent la forme dominante, mais elle a plaidé pour :
- Davantage d'investissements dans la recherche
- Le développement de vaccins pancoronavirus ciblant plus que le Covid-19
- La création d'injections à durée d'action plus longue
Face à ces multiples défis, le Sage a affirmé que protéger la confiance et lutter contre la désinformation seront des priorités absolues en 2026, soulignant l'urgence d'une action coordonnée à l'échelle mondiale pour préserver les acquis sanitaires des dernières décennies.



