Les délais médians pour obtenir un rendez-vous médical sont restés « relativement stables » ces deux dernières années, avec des disparités selon les professions et les territoires, d’après une étude conjointe de Doctolib et de la Fondation Jean-Jaurès. Trois jours pour le généraliste, 42 jours pour le cardiologue : les chiffres nationaux cachent des différences notables.
Une stabilité apparente, des signes de dégradation
L’étude, partagée à l’AFP et à Ici, le réseau des radios locales de Radio France, se base sur 234 millions de rendez-vous en 2025 auprès de 80 000 professionnels de santé utilisateurs de l’outil de gestion des rendez-vous de Doctolib. Pour les généralistes, pierre angulaire du système de santé français, les principaux indicateurs sont stables entre 2023 et 2025, à l’exception de la part des rendez-vous à plus de 7 jours qui augmente de 3 points, à 35 %, un signe de dégradation. Mais, avertit l’étude, pour les généralistes comme pour toutes les spécialités, des chiffres nationaux peuvent cacher de fortes disparités géographiques.
Les spécialités où l’attente s’allonge
Entre 2023 et 2025, 47 % des départements enregistrent une hausse des délais médians pour les généralistes, 49 % restent stables, et seulement 4 % connaissent une amélioration. Coordonnée par la géographe Joy Raynaud, l’étude montre une dégradation des délais médians chez les pédiatres (+1 jour, passé à 8 jours), chez les cardiologues (+1 jour, désormais 42 jours), et chez les psychiatres (+1 jour, désormais 15 jours).
Des améliorations dans certaines spécialités
Les dermatologues voient leur délai de rendez-vous s’améliorer de 3 jours, tout en restant à un niveau très élevé de 32 jours avec des écarts départementaux importants. Idem chez les gynécologues, dont le délai diminue de 2 jours à 19 jours, malgré des « déséquilibres structurels profonds ». Les sage-femmes, qui peuvent se substituer aux gynécologues pour les suivis ordinaires, présentent un délai de 12 jours, soit un jour de plus par rapport à 2023, malgré la démographie en hausse de la profession.
Parmi les professions aux évolutions favorables, les kinésithérapeutes voient leur délai médian rester stable à 6 jours, avec une part des rendez-vous à plus de 7 jours qui diminue. Les chirurgiens-dentistes passent à 10 jours, soit un jour de moins. Et les ophtalmologues affichent une réduction record de 4 jours, à 21 jours, grâce au renfort d’orthoptistes, opticiens, infirmières et assistants médicaux.
Des écarts départementaux considérables
L’étude montre des « écarts départementaux considérables », comme en cardiologie où il faut compter 16 jours d’attente pour obtenir un rendez-vous à Paris contre 164 jours dans le Gers. Difficile toutefois de désigner les territoires qui cumuleraient toutes les difficultés, car « chaque profession a sa propre géographie de l’accès aux soins, qui ne se superpose pas à celle des autres ». Ainsi, « la cardiologie est sous tension dans l’arc Occitanie-vallée du Rhône. L’ophtalmologie et la pédiatrie dans le Grand Ouest. La dermatologie dans le Nord et le Centre-Est ».



