Un économiste de la santé récompensé pour son étude sur un modèle innovant d'accueil Alzheimer
Damien Krier, économiste de la santé originaire de Morcenx-la-Nouvelle, recevra le 19 mars prochain le prestigieux prix de thèse Yves-Journel décerné par la Fondation Domus Vi. Cette distinction récompense ses travaux de recherche approfondis consacrés à l'évaluation médico-économique du Village landais Alzheimer Henri-Emmanuelli (VLHE) situé à Dax, présenté comme une alternative prometteuse aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes traditionnels.
Un modèle alternatif aux Ehpad qui démontre ses bénéfices
La thèse de Damien Krier a été sélectionnée parmi de nombreux travaux de recherche portant sur le lien intergénérationnel et le grand âge. Pour la troisième édition consécutive, la Fondation Domus Vi honore ainsi des scientifiques dont les études contribuent à éclairer ces thématiques sociétales cruciales. Le chercheur landais de 36 ans a méthodiquement mesuré les avantages offerts par ce centre innovant fondé sur le principe de désinstitutionnalisation pour les personnes atteintes de démence.
L'objectif fondamental du Village landais Alzheimer est de recréer un cadre de vie aussi ordinaire que possible, favorisant notamment l'autonomie préservée et la participation sociale active des résidents. Ces derniers bénéficient d'une ouverture significative sur le monde extérieur et sont hébergés dans des maisons conviviales comptant au maximum huit chambres individuelles, rompant ainsi avec l'environnement hospitalier traditionnel des Ehpad.
Des résultats cliniques et économiques significatifs
Les recherches de Damien Krier révèlent des données particulièrement encourageantes. Sa thèse démontre en effet que les hospitalisations en unité médicale (hors psychiatrie) sont nettement moins fréquentes et de durée plus courte pour les résidents du VLHE comparativement à ceux des Ehpad classiques. Cet élément constitue un paramètre important qui pourrait représenter à terme des économies substantielles pour l'Assurance maladie.
L'économiste de la santé a également observé que le déclin cognitif apparaît moins marqué chez les pensionnaires du Village que chez ceux résidant en établissements traditionnels. Le personnel soignant évoque par ailleurs un meilleur épanouissement professionnel dans un secteur souvent marqué par la perte de sens des tâches quotidiennes. Cependant, tous ces bénéfices incontestables s'accompagnent d'un coût plus élevé, comme le rappelle Damien Krier : « Le prix journalier pour un résident au VLHE est plus important que s'il résidait en Ehpad ».
Un parcours académique atypique et passionné
Derrière cette reconnaissance académique se cache un parcours personnel et professionnel plutôt sinueux. « Je n'étais pas voué à faire de longues études », confie le lauréat avec franchise. Au lycée, il se montrait en effet plus investi dans ses combats de boxe que dans ses cours, ce qui lui valut d'obtenir son baccalauréat aux épreuves de rattrapage.
Pourtant, derrière sa moyenne de 5,8 en Terminale se dissimulait déjà un intérêt profond pour la biologie. Il poursuivit ensuite ses études à la faculté de Bordeaux avant de s'engager dans un master spécialisé en économie de la santé à Nantes. Après une expérience dans le secteur pharmaceutique parisien où il déplora un manque de liberté dans ses activités, un ancien professeur lui proposa un projet d'évaluation médico-économique dans les Landes qui allait finalement le mener à sa thèse doctorale. « Étant très attaché à mon territoire, cela me permettait de me rapprocher de l'océan », sourit l'amateur de surf passionné.
Des recherches qui se poursuivent activement
De retour dans le Sud-Ouest, Damien Krier n'en a certainement pas terminé avec son sujet de recherches. Le post-doctorant poursuit actuellement son étude approfondie sur le VLHE avec détermination. Il s'attache désormais à évaluer l'ensemble complet des coûts liés au parcours de soins des résidents, au-delà du simple fonctionnement quotidien du village.
À terme, ces travaux scientifiques pourront démontrer avec précision si ce modèle innovant d'hébergement pour personnes atteintes d'Alzheimer s'avère véritablement efficient, tant sur le plan de la qualité de vie offerte aux résidents que sur le plan économique pour la société dans son ensemble. La recherche de Damien Krier ouvre ainsi des perspectives importantes pour l'évolution des prises en charge des maladies neurodégénératives en France.



