La cocaïne, une drogue qui touche désormais tous les milieux sociaux en France
Cocaïne : une consommation qui se généralise en France

La cocaïne, une drogue qui se démocratise en France

Cet article a été rédigé en FALC (Facile à Lire et à Comprendre), une méthode d'écriture conçue pour rendre l'information plus accessible. Le FALC s'adresse notamment aux personnes rencontrant des difficultés de compréhension écrite, mais aussi aux enfants. Développé par Inclusion Europe, une association soutenant les personnes en situation de handicap, il est identifié par un logo officiel.

Une déclaration gouvernementale remise en question

Le 19 novembre 2025, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a évoqué le narcotrafic après le conseil des ministres. Elle a déclaré que les personnes riches des villes alimentaient ce trafic, reprenant une affirmation d'Emmanuel Macron. Cependant, cette vision est contredite par les faits : la cocaïne, une drogue stimulante dangereuse, est consommée partout, par toutes les couches sociales, des plus aisées aux plus modestes.

Des chiffres en hausse alarmante

Selon l'Observatoire Français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT), la France compte plus de fumeurs de cannabis que de consommateurs de cocaïne. Mais ces derniers sont de plus en plus nombreux. Une enquête de 2023 révèle qu'une personne sur dix a déjà pris de la cocaïne, soit deux fois plus qu'en 2017. Les consommateurs sont majoritairement des hommes âgés de 25 à 44 ans. Ivana Obradovic, directrice adjointe de l'OFDT, annonce une mise à jour des données en 2027, après une nouvelle enquête en 2026, visant à mieux cerner les habitudes de consommation.

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Un profil des consommateurs qui évolue

Ivana Obradovic souligne que les consommateurs de cocaïne sont de plus en plus diversifiés. Autrefois associée aux mondes du spectacle, de la mode ou de la finance, cette drogue touche désormais des professionnels de la restauration, des ouvriers du bâtiment, des soignants ou des chauffeurs routiers. Marie Jauffret-Roustide, responsable du programme « Drogues, sciences sociales et sociétés », explique que la consommation augmente en période de crise économique, notamment dans les métiers exigeants ou aux horaires décalés, où elle sert à tenir le rythme.

Une consommation souvent discrète

Yann Bisiou, professeur à l'université de Montpellier, note que la cocaïne est une drogue « sous les radars », consommée discrètement dans les toilettes de bars, lors de fêtes ou au travail. Environ 20% des consommateurs deviennent dépendants, un état où la drogue devient indispensable. Marie Jauffret-Roustide distingue deux profils : les personnes dépendantes, souvent marginalisées, et celles qui utilisent la drogue pour performer ou festoyer. Elle ajoute que les plus riches, disposant de ressources financières et sociales, ont plus de facilité à se soigner, contrairement aux plus pauvres, plus exposés à la dépendance.

L'inquiétude des professionnels de santé

Jean-Pierre Couteron, addictologue à Boulogne-Billancourt, observe que ses patients, souvent privilégiés, minimisent leur consommation, la qualifiant de « ponctuelle » alors qu'elle est régulière, souvent associée à l'alcool. L'association Psychoactif, via sa plateforme en ligne, constate une hausse des discussions sur la cocaïne, notamment sur un forum très actif depuis 2022. Pierre Chappard, son président, note que les utilisateurs, âgés de 20 à 30 ans, cherchent surtout des conseils pour gérer ou arrêter leur consommation.

Dans les hôpitaux, l'inquiétude grandit. Florence Vorspan, psychiatre à l'hôpital Lariboisière-Fernand-Widal, signale que les services d'addictologie accueillent de plus en plus de personnes dépendantes à la cocaïne, ayant pourtant une vie professionnelle et familiale stable. Benjamin Rolland, responsable du service d'addictologie de l'université de Lyon, explique qu'il y a dix ans, la consommation se limitait aux très pauvres (crack) et aux riches (cocaïne en poudre). Aujourd'hui, elle touche des « Monsieur et Madame Tout-le-Monde », âgés de 40 à 45 ans.

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Les femmes, une population vulnérable et cachée

Benjamin Rolland souligne la faible proportion de femmes parmi ses patients. Hélène Donnadieu, cheffe du service d'addictologie au CHU de Montpellier, précise que l'addiction est perçue comme honteuse, surtout pour les femmes, qui craignent de perdre la garde de leurs enfants. Ainsi, bien que la consommation augmente, les femmes se font moins soigner. Elle évoque aussi la « polyconsommation », où la cocaïne est associée à d'autres substances comme l'alcool ou des médicaments.

Nicolas Franchitto, médecin au CHU de Toulouse, observe une hausse des consultations chez les étudiants, inquiets des conséquences sur leur santé (troubles cardiaques, malaises) et de leur incapacité à fonctionner sans drogue. Il insiste sur la nécessité de comprendre les motivations profondes de cette consommation.

Cet article a été transcrit par l'atelier FALC Osez lire de l'APEI de Périgueux, en partenariat avec Cortex Média TV, d'après les travaux de Mattea Battaglia et Thomas Saintourens.