Chirurgie esthétique : le gouvernement interdit les pubs visant les mineurs
Chirurgie esthétique : pubs visant les mineurs interdites

Un décret publié vendredi au Journal officiel encadre désormais strictement les communications commerciales des établissements de chirurgie esthétique. Le texte interdit notamment celles susceptibles d'inciter les mineurs à recourir à ces interventions, une mesure qui répond à une baisse de la moyenne d'âge des patients constatée ces dernières années.

Les communications visées par le décret

Selon le décret, sont désormais interdites les communications commerciales « incitant les mineurs à considérer que les actes de chirurgie esthétique répondent à un besoin de santé ». Sont également proscrites celles « mettant en scène ou représentant des mineurs ou des personnes dont l'apparence laisse manifestement supposer qu'elles sont mineures ».

Le texte ajoute à cette liste les campagnes commerciales « mettant en scène ou représentant des personnalités ou personnages appartenant à l'univers des mineurs ». Sont aussi concernées les communications « orientées vers les mineurs ou particulièrement attractives pour ce public en raison notamment d'éléments visuels, sonores, verbaux ou écrits ».

Une moyenne d'âge des patients en baisse

Cette décision intervient dans un contexte de rajeunissement de la clientèle des établissements de chirurgie esthétique. Selon une analyse de marché 2026 du congrès international de référence consacré à la dermatologie et à la chirurgie plastique (Imcas), « les générations Z et Millennials accèdent à la médecine esthétique beaucoup plus tôt que les générations précédentes ».

Les données d'Arcane Research confirment cette tendance : en France, la moyenne d'âge des patients a baissé de 48 à 42 ans entre 2018 et 2024. Imcas souligne que, « portés par les réseaux sociaux, les traitements esthétiques sont passés d'un sujet tabou à une pratique visible et assumée ».

Un encadrement ciblé

Le décret publié au Journal officiel ne concerne pas l'ensemble de la publicité pour la chirurgie esthétique, mais uniquement les communications jugées susceptibles d'influencer un public mineur. Les établissements devront désormais veiller à ce que leurs campagnes ne comportent aucun élément pouvant être perçu comme une incitation pour les mineurs.

Cette mesure s'inscrit dans un mouvement plus large de régulation des pratiques commerciales dans le secteur de la santé, où la protection des publics vulnérables devient une priorité des autorités.