Cancer colorectal : le Dr Caillo dédramatise la coloscopie, un examen désormais sûr et performant
Cancer colorectal : la coloscopie, un examen sûr à ne plus craindre

Cancer colorectal : la coloscopie, un examen sûr et performant à ne plus redouter

Dans le cadre de Mars bleu, mois de sensibilisation au cancer colorectal, le Dr Ludovic Caillo, gastro-entérologue au CHU de Nîmes, appelle à dédramatiser la coloscopie. Cet examen, recommandé après un test de dépistage positif à partir de 50 ans, permet de détecter des polypes dans 30 à 40 % des cas et un cancer dans 8 % des situations. Pourtant, 25 % des patients évitent la coloscopie par crainte, une réticence que le spécialiste souhaite combattre en soulignant les progrès techniques et la sécurité de l'intervention.

Le dépistage : une étape cruciale et fiable

Le Dr Caillo rappelle l'importance du test de dépistage initial, qui présente une fiabilité élevée : il détecte un cancer dans 9 cas sur 10 lorsqu'il est présent, et un résultat négatif indique une absence de cancer avec plus de 95 % de certitude. En cas de test positif, le risque de cancer est de 8 %, tandis que 20 à 30 % des cas révèlent des polypes, des lésions pré-cancéreuses. Les autres causes positives incluent des saignements bénins comme des hémorroïdes ou des diverticules.

Une coloscopie modernisée et indolore

La coloscopie consiste en l'exploration du côlon à l'aide d'un endoscope de 1,20 à 1,30 mètre équipé d'une caméra haute définition. Le Dr Caillo insiste sur les améliorations significatives :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • La préparation colique est désormais plus simple, avec un goût acceptable et des quantités réduites.
  • L'examen est indolore grâce à l'utilisation de CO2 plutôt que d'air et à des coloscopes plus souples.
  • La technique d'immersion, qui remplit l'intestin d'eau, minimise encore les douleurs.
  • Dans 99 % des cas, une anesthésie générale est pratiquée, avec des alternatives comme l'hypnose pour les patients fragiles.

L'intelligence artificielle au service du diagnostic

L'IA joue un rôle clé dans les centres d'endoscopie depuis près de dix ans. Elle permet de signaler en temps réel les lésions sur l'écran, de prédire la nature des polypes et d'aider à choisir le traitement approprié. Le Dr Caillo souligne que l'opérateur, formé pour évaluer les lésions, peut souvent procéder à leur résection immédiate, évitant ainsi une chirurgie ultérieure. L'analyse biologique reste systématique en cas de lésion détectée.

Des risques minimes à relativiser

Le gastro-entérologue déconstruit les craintes associées à la coloscopie :

  • Le taux de complication est de 0,1 % pour le diagnostic et de 1 % en cas de résection, principalement sous forme de perforations réparables avec les outils actuels.
  • Le recours à la chirurgie ne concerne que 0,1 % des cas, souvent par cœlioscopie avec de petites cicatrices.
  • Les stomies ou anus artificiels sont exceptionnels, avec un taux inférieur à 0,01 %.
  • Les saignements post-résection et les hématomes de rate (0,04 %) sont rares.

Il met en balance ces risques avec ceux du cancer colorectal et rappelle que d'autres examens, comme le scanner, présentent également des risques mineurs (3 % d'allergie au réactif).

Perspectives futures et appel à l'action

Les évolutions incluent une fiabilité accrue de l'IA, visant près de 100 %, des techniques de coloration virtuelle pour mieux identifier les lésions, et une robotisation potentielle pour guider l'endoscope. Le Dr Caillo conclut en insistant sur l'importance de ne pas hésiter face à un test positif : "La coloscopie est devenue un examen sûr et très performant. Il faut mettre de côté les anciennes croyances." Il rappelle que subir une coloscopie est bien moins grave qu'une chimiothérapie de six mois pour un cancer avancé, soulignant ainsi l'urgence d'un dépistage précoce et d'une prise en charge rapide.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale