L'intersyndicale boycotte la réunion cruciale sur la psychiatrie à Millau
Boycott syndical sur la psychiatrie de Millau

La psychiatrie de Millau au cœur d'une crise institutionnelle majeure

Dans un rebondissement significatif du dossier épineux de la psychiatrie à Millau, l'intersyndicale a annoncé son boycott du rendez-vous crucial prévu dans les locaux de l'ARS Occitanie à Montpellier. Cette décision intervient après une série de défections annoncées parmi les principaux acteurs institutionnels conviés à cette réunion.

Un rendez-vous vidé de sa substance

Initialement programmée avec le directeur du CHU de Montpellier, les représentants de l'État, la maire de Millau et la direction de l'hôpital local, cette rencontre a progressivement perdu de sa substance. Les représentants de l'État ont d'abord invoqué le devoir de réserve en période électorale, puis l'ARS Occitanie a informé par courriel que son directeur, Didier Jaffre, ne serait pas présent non plus.

"Pour nous, c'est du mépris, du foutage de gueule", s'indigne Corine Mora, représentante de la CGT au sein de l'intersyndicale. "On demande une réunion avec tous les protagonistes et un coup on nous parle de la réserve, le directeur de l'ARS n'est pas là alors qu'on imagine que c'est lui qui a décidé de l'horaire et de la date... Le directeur du CHU de Montpellier ne sera pas là non plus."

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Une mobilisation qui se renforce

Face à ce qu'elle qualifie de déplacement "pour rien", l'intersyndicale préfère concentrer ses forces sur la manifestation prévue le jeudi 5 mars à 17 heures devant la mairie de Millau. "Autant qu'on unisse nos forces pour que la manifestation de jeudi soit une réussite", explique Corine Mora.

Les actions syndicales se multiplient :

  • Dépôt d'un préavis de grève illimité à compter du 5 mars
  • Décoration du Mandarous avec des pancartes revendicatives
  • Occupation symbolique des grilles de la mairie
  • Intervention devant le centre de santé mentale de Viastels

73 postes et 2 000 patients en jeu

L'enjeu est de taille : l'intersyndicale évoque 73 postes menacés à l'hôpital en cas de fermeture du service de psychiatrie, qui prend en charge environ 2 000 patients par an. La crainte principale est le basculement du service dans le privé, à l'hôpital Sainte-Marie de Rodez, faute de médecins disponibles.

Le service traverse une crise profonde depuis l'expulsion du Docteur Turki, suivie du départ à la retraite de Jean-Dominique Gonzalez, qui avait lui-même alerté sur la situation précaire de son service il y a plusieurs mois. La direction hospitalière met en avant des difficultés récurrentes de recrutement, avec plusieurs cas de médecins ayant candidaté puis finalement déserté.

Les positions institutionnelles

Benoît Durand, directeur de l'hôpital de Millau, maintient sa position : "On se bat pour trouver des médecins. Je ne veux pas lâcher et pas perdre une opportunité. On fait tout pour vous garder et c'est pour ça qu'on ne lâche pas. On veut maintenir le cinquième secteur dans le public."

Pourtant, pour les syndicats, cette rhétorique ne suffit plus. "On veut les obliger à prendre en compte notre demande", martèle Corine Mora, exigeant une réunion avec tous les acteurs du dossier pour trouver une solution pérenne qui préserve l'accès aux soins psychiatriques publics sur le territoire millavois.

La situation reste donc dans l'impasse, avec d'un côté une direction hospitalière qui affirme chercher activement des solutions, et de l'autre une intersyndicale qui estime que les institutions font preuve de mépris envers le personnel et les patients. Le rendez-vous manqué de Montpellier symbolise cette fracture grandissante, tandis que la mobilisation du 5 mars pourrait déterminer l'avenir de la psychiatrie publique dans le sud-Aveyron.

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