La Haute Autorité de Santé actualise ses recommandations sur l'autisme
Le jeudi 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un document majeur détaillant les nouvelles recommandations pour la prise en charge des enfants et adolescents atteints d'un Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA). Ce texte, attendu par les professionnels de santé et les associations de familles, couvre le parcours de vie du bébé jusqu'à l'âge de 20 ans, marquant une évolution significative depuis les précédentes directives de 2012.
Un document élaboré avec une approche collaborative
Ce document a été rédigé sous la direction d'Amaria Baghdadli, professeure en pédopsychiatrie, et de Sophie Biette, mère d'une jeune femme autiste. Leur travail s'est appuyé sur des documents scientifiques et des consultations avec des spécialistes, visant à combler les retards historiques de la France dans l'accompagnement du TSA. La définition de l'autisme a évolué, mettant désormais l'accent sur les difficultés de communication, les relations sociales et les comportements répétitifs, intégrés dans les Troubles du Neurodéveloppement (TND).
La place centrale des parents dans le suivi
Les nouvelles recommandations soulignent le rôle crucial des parents dans le parcours de vie de leur enfant. La HAS préconise la mise en place de guidance parentale et de psychoéducation pour former les familles à mieux comprendre et gérer le trouble. Sophie Biette explique : « Beaucoup de progrès ont été faits depuis 2012. Avant, il n'y avait que les associations de parents. Maintenant, les parents sont plus présents, et nous avons de la guidance parentale et des formations. » Elle ajoute que les parents, qui connaissent le fonctionnement de leur enfant, doivent être soutenus au quotidien pour adapter l'aide aux besoins spécifiques.
Des défis persistants dans la prise en charge
Malgré les avancées, des obstacles subsistent. Les prises en charge varient selon les régions, et des cas de maltraitance, comme à la Fondation Vallée près de Paris, font l'objet d'enquêtes. De plus, les listes d'attente pour les établissements spécialisés, les soins et la scolarisation restent longues, entravant l'accès à un accompagnement de qualité. Par exemple, près de Nantes, 120 enfants attendent une place dans un établissement médico-éducatif de 20 places.
L'importance d'une intervention précoce et coordonnée
La HAS recommande d'agir dès les premiers signes d'inquiétude, tels que des difficultés de langage ou de motricité, avec au moins 10 heures de prise en charge hebdomadaire pour les enfants à risque ou diagnostiqués. Claire Compagnon de la HAS insiste : « Agir le plus tôt possible est important pour que l'enfant se développe mieux. » Les méthodes validées scientifiquement, comme les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), sont privilégiées, tandis que la psychanalyse est déconseillée en raison de résultats insuffisants.
La nécessité de formations adaptées et de ressources supplémentaires
Sophie Biette critique la formation des psychologues et travailleurs sociaux, qui inclut encore des méthodes psychanalytiques non adaptées. Elle souligne le manque de compétences techniques pour les évaluations du fonctionnement de l'enfant. Claire Compagnon appelle à recruter et former davantage de professionnels, non seulement pour les soins, mais aussi pour soutenir la vie quotidienne dans des domaines comme l'éducation, la culture, le sport, l'emploi et le logement.
En conclusion, ce document de la HAS représente une étape clé pour améliorer la prise en charge du TSA en France, mais sa mise en œuvre nécessitera des efforts continus pour surmonter les disparités territoriales et renforcer les ressources humaines.



