Six salariés du dépôt Conforama de Cannes-La Bocca ont cessé le travail vendredi 3 juillet 2026 pour protester contre la gestion par leur direction de la contamination à l'amiante sur leur lieu de travail. Ce lundi 6 juillet, une réunion avec les représentants du personnel s'est tenue pour trouver des solutions rapides.
Des travaux de désamiantage dès 2009
Le problème remonte à 2009, lorsque des travaux de désamiantage ont été entrepris dans le dépôt situé à La Bocca. À l'époque, d'anciens bureaux sous la même charpente que le dépôt avaient été murés par précaution. Yassine Guennaz, secrétaire du Conseil social et économique (CSE) de Conforama Paca, explique : « C’est quand j’ai appris qu’il s’agissait de travaux pour désamiantage que j’ai eu un doute. Je me suis dit : la charpente fait la totalité du magasin. C’est pas possible que l’amiante s’arrête là, il y a un problème. »
Des documents refusés pendant des années
Yassine Guennaz, élu CGT, a demandé à plusieurs reprises les documents relatifs à ces travaux. En 2009, la direction lui a répondu n'en posséder aucun. En 2020, lors de nouveaux travaux de désamiantage, il a renouvelé sa demande sans succès. Ce n'est que le 12 juin dernier, lors d'une réunion de la Commission santé, sécurité et conditions de travail, que la situation a évolué. Les élus du CSE ont informé la direction qu'ils avaient obtenu un document daté de 2020 attestant de la présence de poussières d'amiante sur la charpente du dépôt.
Des prélèvements révélateurs
Suite à cette révélation, des investigations complémentaires ont été menées mi-juin. Des prélèvements sur la charpente ont été réalisés. Les résultats sont alarmants : si les analyses d'empoussièrement dans l'air sont négatives, les dix prélèvements effectués sur les poussières de la charpente se sont tous révélés positifs à l'amiante. Face à cela, les salariés ont fait grève le 3 juillet et déclenché un droit d'alerte pour danger grave et imminent (DGI), obligeant l'entreprise à répondre sous 24 heures.
« Sincèrement, j’ai peur »
Lors de la réunion du 6 juillet, Yassine Guennaz a demandé des mesures concrètes pour la sécurité des employés. Il déplore : « Ils nous demandent de ne pas balayer, de poser les cartons tout doucement, de ne pas toucher les structures… En gros, on nous demande de travailler sans faire remonter de poussière. Je ne comprends pas. Sincèrement, j’ai peur. Les salariés sont anxieux et on ne prend pas en compte leur souffrance. »
Les revendications de la CGT
La CGT Conforama PACA réclame la fermeture immédiate du dépôt, un nettoyage par une entreprise spécialisée, et une reprise à zéro avec un dépôt propre. Le syndicat demande également un suivi médical pour les salariés actuels par un médecin du travail, ainsi que l'établissement d'une liste de tous les employés ayant travaillé dans le dépôt pour assurer une traçabilité des expositions. Contactée, la direction de Conforama n'a pas donné suite aux sollicitations.



