Allergies aux pollens dans le Gard : une menace désormais présente toute l'année
Début mars dans le Gard, le retour des allergies aux pollens est un phénomène trompeur, car ces troubles ne disparaissent jamais vraiment. Valérie Saez, allergologue à Nîmes, sensibilise la population : "Il ne faut pas attendre de ne plus pouvoir respirer pour venir consulter". Cette alerte intervient alors que la saison allergique, autrefois concentrée de décembre à juin, s'étend désormais sur l'ensemble de l'année, bouleversant la vie des habitants.
Des symptômes persistants et une gêne quotidienne
Eric, surnommé "El Mimo", âgé de 46 ans, surveille attentivement la carte du risque allergique de Météo France. Ce lundi, autour de la gare de Nîmes, le risque pour les graminées est indiqué comme faible en raison des pluies. Cependant, il témoigne de crises violentes depuis l'adolescence : "Mes yeux et ma gorge gonflent et rougissent violemment à chaque printemps". Hassiba, allergique à la pollution, à la poussière et aux pollens, déplore que ses symptômes s'échelonnent maintenant sur toute l'année, devenant son lot quotidien. Malgré cela, elle n'a jamais entamé de traitement médicamenteux, considérant que "c'est une gêne, mais ce n'est pas mortel", une opinion partagée par Guillaume Pierret, pharmacien des Arènes à Nîmes.
L'impact de la pollution et du dérèglement climatique
Guillaume Pierret note que les stocks de médicaments antihistaminiques, de gouttes pour les yeux et de sprays nasaux sont prêts pour aider les 30% de Français allergiques aux pollens. Il s'étonne cependant du timing : "Normalement, ça arrive un peu plus tôt". Les ventes, qui avaient explosé la semaine précédente, se sont effondrées avec l'arrivée de la pluie. Vincent Poudevigne, cogérant de la pharmacie de la Maison-Carrée, observe des réactions allergiques rapides chez des touristes américains. Il estime que "la pollution et le dérèglement climatique peuvent contribuer à l'augmentation des cas allergènes aux pollens", une théorie soutenue par l'allongement des périodes de pollinisation.
Une demande croissante de consultations médicales
Valérie Saez, allergologue, déplore l'extension des périodes allergiques : "Les périodes sont de plus en plus extensibles, car les allergènes comme le cyprès sont pollinisés toute l'année". Le cyprès reste la principale cause d'allergies, bien que l'ambroisie, venue de la Vallée-du-Rhône, gagne du terrain. Sans chiffres précis sur l'évolution des cas, le docteur Saez constate une demande croissante de consultations dans son cabinet. Elle avertit les futurs patients de ne pas négliger leurs symptômes. En conclusion, elle affirme : "Est-ce qu'on peut soigner les patients ? Oui. Est-ce qu'on peut les guérir ? Jamais". Ainsi, les allergies aux pollens dans le Gard ne sont pas de retour, mais elles ne sont jamais vraiment parties, marquant une nouvelle réalité sanitaire liée aux changements environnementaux.



