Le pape Léon XIV a prononcé un discours remarqué devant les autorités françaises à l'Élysée, premier jour de sa visite de quatre jours en France. Il a salué la France comme « une terre aux riches racines chrétiennes » et un pays qui « brille comme un phare culturel, artistique et spirituel, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde ». Cependant, il n'a pas évité les sujets sensibles.
Une laïcité inclusive selon le pape
Le souverain pontife a insisté en français sur le fait que « la juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public ». Pour lui, cette « véritable laïcité » n'exclut pas la dimension religieuse, mais « sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative ». Il a ajouté que « l’école catholique a toute sa place dans le paysage éducatif d’un pays comme la France », alors que le statut de l'école privée, qui scolarise plus de 2 millions d'élèves, est régulièrement remis en question.
Le principe de laïcité, qui consacre la neutralité de l'État, est au cœur de débats récurrents en France, notamment sur l'enseignement et le port du voile. À sept mois de l'élection présidentielle, le premier pape américain a jugé « urgent » le dialogue entre « des personnes de différentes appartenances culturelles et religieuses ».
Critiques des dérives bioéthiques
Sur les questions bioéthiques, Léon XIV a dénoncé les « manipulations génétiques », la « gestation pour autrui », l'« achat d’organes » et « l’offre d’une mort programmée », qu'il a présentés comme des « dérives » risquant « de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives ». Il a souligné que « le respect mutuel et la protection de la vie de toute personne humaine est une responsabilité de chacun et de tous ».
Ce ton direct intervient deux mois après l'adoption définitive par le Parlement français de la loi créant un droit à l'« aide à mourir », combattue par l'Église catholique qui avait dénoncé une « grave rupture anthropologique ». Le pape a ainsi réaffirmé la position de l'Église sur ces questions sensibles, tout en appelant au dialogue interreligieux et interculturel.