En août 1997, plus d'un million de fidèles se sont rassemblés à Paris pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), créées par Jean-Paul II. L'événement, qui s'est déroulé du 19 au 24 août, a culminé avec une veillée célébrée à l'hippodrome de Longchamp, et non dans un stade comme cela aurait pu être le cas. Cette mobilisation a surpris jusqu'à l'Église elle-même, étonnée de sa capacité à rassembler une telle foule de jeunes fervents.
Un "électrochoc" pour l'Église de France
La couverture du Figaro Magazine de l'époque évoque un "électrochoc". Le Parisien parle, lui, d'un "événement fondateur pour l'Église de France". Journalistes et sociologues ont alors abondamment commenté ce qu'ils percevaient comme un catholicisme décomplexé et revigoré. C'est à ce moment précis que s'est imposée une formule restée célèbre : "génération Jean-Paul II".
Le pape Jean-Paul II a profité de ces journées pour inviter les jeunes à avoir "l'audace du partage". Ses paroles ont résonné auprès d'une jeunesse décrite comme pleinement ancrée dans son époque. Le service public a assuré un long direct de l'événement, tandis que certains médias, qualifiés de "délirants" dans le récit d'époque, évoquaient déjà un réveil catholique.
Une jeunesse catholique fière et assumée
En 2004, lors de la visite du pape polonais à Lourdes, le journaliste du Figaro Magazine Jean Sévilla s'émerveillait de cette jeunesse "insolente". Il la décrivait en ces termes : "Ils croient en Dieu, ils sont catholiques (ils disent 'cathos'), ils aiment le pape et ils en sont fiers, tout cela en étant pleinement de leur temps, pour le meilleur et pour le pire, et parfaitement à l'aise dans leurs baskets : assurément des animaux bizarres."
Cette description illustre le paradoxe d'une génération qui, tout en étant moderne et connectée à son époque, affichait sans complexe sa foi catholique. Les JMJ de 1997 ont ainsi marqué un tournant dans la perception du catholicisme en France, contribuant à redéfinir l'image d'une Église souvent perçue comme vieillissante ou en déclin.
Un héritage durable pour l'Église
L'impact de ces journées ne s'est pas limité à l'été 1997. Elles ont laissé des traces durables dans la manière dont l'Église de France envisage son rapport à la jeunesse et sa capacité de mobilisation. La formule "génération Jean-Paul II" est restée dans les mémoires pour désigner ces jeunes catholiques qui ont grandi avec ce pape et qui ont contribué à renouveler l'image du catholicisme français.
Les observateurs de l'époque ont vu dans ces JMJ un signe de vitalité pour une institution qui traversait alors une période de questionnements. Le rassemblement de Longchamp, avec sa veillée mémorable, est devenu un symbole de cette ferveur juvénile, et l'événement a été considéré comme un moment clé dans l'histoire récente du catholicisme en France, marquant les esprits bien au-delà des seuls participants.