Protection de l'enfance : une loi technique ne suffira pas
Protection de l'enfance : une loi technique ne suffira pas

Alors que le Parlement s'apprête à adopter une nouvelle loi sur la protection de l'enfance, de nombreux experts alertent sur le caractère trop technique du texte. Selon eux, cette approche purement administrative ne permettra pas de résoudre les problèmes structurels du système.

Une réforme jugée insuffisante

Le projet de loi, qui doit être examiné en séance publique à l'Assemblée nationale à partir du 14 juillet, vise à simplifier les procédures et à renforcer la coordination entre les acteurs. Cependant, pour la Fondation pour l'Enfance, "une loi purement technique, comme on s'apprête à l'adopter, ne suffira pas". L'organisation déplore un manque d'ambition sur les questions de prévention et de soutien aux familles.

Selon une enquête récente, près de 300 000 enfants sont suivis par l'aide sociale à l'enfance en France, soit une augmentation de 15 % en cinq ans. Pourtant, le budget alloué à la protection de l'enfance stagne, et les professionnels du secteur dénoncent des conditions de travail dégradées.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des mesures concrètes attendues

Plusieurs associations réclament des mesures concrètes, comme le doublement du nombre d'éducateurs spécialisés ou la création d'un véritable service public de la protection de l'enfance. "Nous avons besoin d'une loi qui donne les moyens aux départements d'agir efficacement", explique Marie-Pierre, présidente d'une fédération de professionnels. "Actuellement, les assistants familiaux sont sous-payés et manquent de reconnaissance."

Le texte prévoit notamment la généralisation des "projets pour l'enfant" et le renforcement du contrôle des lieux d'accueil. Mais pour les critiques, ces dispositions restent trop vagues et ne s'attaquent pas aux racines du mal : le manque de moyens humains et financiers.

Un consensus fragile

Malgré les réserves, le gouvernement espère un vote rapide. La ministre déléguée chargée de l'Enfance a défendu un texte "équilibré" qui "améliore le quotidien des enfants et des familles". Mais du côté des oppositions, on dénonce une "occasion manquée". Le député socialiste Jean-Marc Germain a déclaré : "Cette loi est un pansement sur une jambe de bois. Nous avons besoin d'une réforme de fond, pas d'ajustements techniques."

Le Sénat, qui a déjà adopté le texte en première lecture, a apporté plusieurs amendements, notamment sur le secret professionnel partagé. La version finale devra concilier les positions des deux chambres.

Un enjeu de société

Au-delà des aspects juridiques, la protection de l'enfance est un enjeu de société majeur. Selon un rapport de l'UNICEF, la France se classe au 18e rang des pays de l'OCDE pour le bien-être des enfants. "Nous sommes loin du compte", estime la Fondation pour l'Enfance. "Chaque année, des enfants meurent sous les coups de leurs parents, alors qu'ils étaient connus des services sociaux. C'est un échec collectif."

Les associations espèrent que le débat parlementaire permettra d'enrichir le texte. Mais le temps presse : la loi doit être promulguée avant la fin de l'année.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale