Zillennials : la micro-génération née entre deux mondes
Zillennials, la génération passerelle née entre deux mondes

Connaissez-vous les Zillennials ? Ce terme émergent désigne les personnes nées entre 1993 et 1998, une tranche de six années charnières qui séparent deux univers générationnels. Trop jeunes pour être pleinement assimilés aux Millennials, trop âgés pour se reconnaître totalement dans la Gen Z, ces jeunes adultes naviguent dans une « zone grise » identitaire.

Une génération marquée par un basculement technologique majeur

Leur particularité ? Ils ont vécu l'un des plus grands basculements technologiques de l'histoire moderne. Ces jeunes adultes ont grandi pendant la transition entre l'accès à Internet numéroté, les lecteurs CD et les Skyblog ou MySpace d'un côté, et l'explosion des smartphones, des réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok et des plateformes de streaming de l'autre, comme le souligne le Daily Mail.

« C'est une génération un peu passerelle, qui a grandi entre deux mondes. Ils ont eu une enfance relativement déconnectée avant de vivre l'explosion du numérique pendant leur adolescence », confirme Élodie Gentina, professeure à l'IESEG School of Management, spécialiste des nouvelles générations et des relations intergénérationnelles.

Une « micro-génération culturelle » à manier avec précaution

Résultat : un sentiment singulier de se sentir parfois « vieux » face aux codes de la Gen Z, tout en étant parfaitement en phase avec les revendications, l'humour et les usages numériques de cette dernière. Les Zillennials conservent un pied dans l'ancien monde des Millennials et un autre bien ancré dans la modernité ultra-connectée.

Pour autant, l'experte invite à manier ce concept avec précaution : « Il faut être prudent, il s'agit plutôt d'une micro-génération culturelle. Scientifiquement, on peut remettre en cause cette catégorie et parler davantage d'une classe d'âge. Ce n'est pas une recette magique où l'on mélangerait 50 % de Millennials et 50 % de Gen Z : les frontières générationnelles sont beaucoup plus poreuses qu'on ne l'imagine. »

Un besoin de repères et un sentiment d'appartenance

Pourquoi ressent-on alors le besoin de poser un nom sur ces six années d'écart ? Ces sous-catégories répondent surtout à un besoin d'analyse alors que la société évolue à toute vitesse. Ces repères chronologiques s'avèrent très pratiques pour les médias, le monde du travail ou le marketing, selon la spécialiste des générations. Mais Élodie Gentina y voit aussi un risque : celui d'enfermer les gens dans des cases.

Une case qui a l'air pourtant de soulager les principaux intéressés. Pour ces jeunes adultes nés entre 1993 et 1998, mettre un mot sur leur tranche d'âge apporte une vraie valeur symbolique. « Ce qu'ils en retiennent, c'est un sentiment d'appartenance et de reconnaissance », conclut Élodie Gentina. « Beaucoup ne se reconnaissaient ni chez les Millennials, ni dans la Gen Z, ce qui pouvait rendre leur construction identitaire plus floue. Avoir cette nouvelle appellation leur permet de poser des mots sur une expérience commune, de créer de la complicité et de partager une forme de nostalgie autour de souvenirs et de pratiques d'enfance. »

Un phénomène d'ailleurs assez paradoxal pour Élodie Gentina : « On crée sans cesse de nouvelles étiquettes dans une société où chacun revendique son individualité. Nous voulons tous être uniques, mais nous avons tous fondamentalement besoin d'appartenir à un groupe. »