Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses et porte-parole du parti Les Républicains, a déclaré que la France traverse la pire crise du logement depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans un entretien accordé au Point, il a souligné l'urgence d'agir face à une situation qu'il juge « dramatique ».
Un constat alarmant sur le logement
Selon Jeanbrun, les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2023, seulement 280 000 logements ont été mis en chantier, contre 450 000 en 2017. Il s'agit du niveau le plus bas depuis 1992. « Nous construisons deux fois moins qu'il y a dix ans », a-t-il déploré.
Le maire pointe également du doigt la baisse des aides à la pierre, passées de 12 milliards d'euros en 2017 à 8 milliards en 2023, et la hausse des taux d'intérêt, qui freine l'accès à la propriété. « Les ménages modestes sont les premiers touchés », a-t-il insisté.
Les causes structurelles de la crise
Jeanbrun identifie plusieurs facteurs expliquant cette crise. D'abord, la politique fiscale : la suppression de l'ISF et la flat tax ont favorisé l'investissement locatif au détriment de l'accession à la propriété. Ensuite, la loi SRU, qui impose 25 % de logements sociaux dans certaines communes, serait selon lui « contre-productive » car elle décourage la construction.
Il critique également la complexité administrative : « Pour construire un logement, il faut en moyenne 5 ans entre le permis de construire et la livraison. »
Des propositions pour en sortir
Pour répondre à cette crise, Vincent Jeanbrun propose plusieurs mesures. Il suggère de relancer la construction de logements intermédiaires, de simplifier les normes environnementales et de réduire les délais de recours contre les permis de construire. Il préconise aussi de revenir sur la réforme de la taxe d'habitation, supprimée pour les résidences principales, ce qui a privé les communes de ressources pour financer le logement.
« Il faut un choc d'offre, pas seulement de demande », a-t-il affirmé, appelant à un plan d'urgence national.
L'impact sur les territoires
La crise du logement touche particulièrement l'Île-de-France, où les prix sont devenus inaccessibles pour de nombreux ménages. À L'Haÿ-les-Roses, le prix du mètre carré a augmenté de 30 % en cinq ans. « Les jeunes et les classes moyennes fuient la région parisienne », a constaté Jeanbrun.
Il alerte aussi sur les conséquences sociales : « Le mal-logement, c'est 4 millions de personnes aujourd'hui en France. C'est un drame humain. »
Un appel à l'action politique
Le maire appelle le gouvernement à faire du logement une priorité nationale. Il regrette que le sujet soit absent des grands débats politiques. « On parle de retraites, de santé, mais le logement, c'est la première dépense des Français. C'est aussi le premier poste de précarité. »
Il conclut : « Si on ne change pas de cap, la crise va s'aggraver. Il faut agir maintenant. »



