Rentrée scolaire dans le Var : la FSU dénonce des conditions dégradées
Rentrée dans le Var : la FSU dénonce des conditions dégradées

À quelques jours de la rentrée scolaire, la Fédération syndicale unitaire (FSU) du Var a tenu une conférence de presse, jeudi 27 août, pour alerter sur l'état de l'école dans le département. Les syndicats, réunis autour d'Alain Tournay, secrétaire départemental, ont dénoncé des conditions d'enseignement et d'apprentissage « pas à la hauteur de l'école de la République, dont la mission est de former des citoyens éclairés ».

Des classes surchargées et un manque de moyens

Le constat est sans appel : le Var reste en queue de peloton en matière d'encadrement. Dans le premier degré, le nombre moyen d'élèves par classe est attendu à 22,04 à la rentrée, contre une moyenne nationale de 21 et un standard européen de 19. Aurélie Sanchez, secrétaire départementale de la FSU SNUipp, souligne que « comme on parle de moyenne, ça veut dire qu'il va rester des écoles où il y aura 27, 28, 29, 30 élèves par classe ».

Dans le second degré, Bruno Combette, secrétaire du SNES-FSU, enfonce le clou : « On reste au fond du classement des académies métropolitaines, et ce, depuis des années ! » Il anticipe des classes surchargées dans les collèges varois (26,4 élèves en moyenne contre 25,3 au niveau national) et les lycées (32 à 33 élèves en moyenne). À cela s'ajoutent une pénurie chronique de remplaçants et de personnels spécialisés, la fin des contractuels, et un fort taux de postes non pourvus aux concours dans les lycées professionnels.

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Rémunérations jugées insuffisantes et « prof bashing » dénoncé

Les syndicalistes ont également critiqué une récente note de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation nationale, qui mentionne un salaire moyen de 3 090 € net par mois pour les enseignants. Alain Tournay dénonce un « chiffre trompeur » qui « masque les réalités de début de carrière et s'appuie sur le cumul des primes et des heures supplémentaires ».

Aurélie Sanchez ajoute qu'il existe « un écart de salaire de 17 % entre les enseignants du primaire français et ceux de l'OCDE ». La situation est encore plus critique pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), qui sont « 94 % de femmes qui subissent un temps incomplet imposé et qui gagnent 1 090 € net par mois ». Elle déplore une image écornée de la profession : « Ce prof bashing devient insupportable. »

Une école inclusive « au point mort » et une médecine scolaire « indigente »

Aucun sujet ne trouve grâce aux yeux des syndicalistes. Aurélie Sanchez dénonce « une école inclusive au point mort, qui fait souffrir les élèves en situation de handicap comme les élèves du circuit ordinaire, et les personnels ». Geneviève Clerc, membre du bureau du SNES, s'insurge contre « l'indigence de la médecine scolaire », qui ne compte plus que trois docteurs, là où il en faudrait vingt-cinq.

Bruno Combette déplore des « effets d'annonce dans la précipitation, sans concertation, ni moyen en adéquation ». Il cite les « consignes jamais données concernant l'orthographe au bac, malgré les déclarations du ministre de l'Éducation nationale ». L'interdiction du téléphone portable dans les lycées semble également décalée, « alors que les élèves sont par exemple obligés de s'en servir pour réserver la cantine ». Quant au renouvellement des manuels scolaires, il est compromis par « une enveloppe nationale du ministère divisée par deux ».

Alain Tournay rappelle qu'« en dix ans de mandat d'Emmanuel Macron, nous avons eu neuf ministres de l'Éducation nationale », et dénonce une « année perdue » en raison des échéances électorales, avec « la baisse conséquente du budget de l'Éducation nationale, au profit d'autres ministères, puisque “nous sommes en économie de guerre” ».

La coupe est pleine. Les syndicats appellent à une journée de mobilisation le 29 septembre, avec l'ensemble des salariés et agents de la fonction publique, qu'ils annoncent massive.

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