Remboursement protections menstruelles : les pharmacies de Sète se préparent
Remboursement protections menstruelles : les pharmacies de Sète

Depuis le 1er octobre, certaines protections hygiéniques réutilisables, comme les culottes et les coupes menstruelles, sont remboursées par la Sécurité sociale. Les jeunes filles de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) peuvent obtenir deux exemplaires par an. Dans les pharmacies de Sète, les premières commandes commencent à être passées, mais les produits ne sont pas encore tous disponibles.

Des stocks en cours d'approvisionnement dans les pharmacies de Sète

Au début du mois d'octobre, dans les pharmacies du centre-ville de Sète, les culottes et les coupes menstruelles remboursées n'étaient pas encore arrivées. Une pharmacienne explique : « Nous avons seulement appris il y a quelques semaines les marques qui respectaient les critères fournis par la Sécurité sociale, donc nous venons tout juste de faire les commandes. » Selon les officines, les produits seront disponibles dès la mi-octobre ou en novembre.

Les préparateurs et préparatrices constatent déjà un certain intérêt : « Nous avons déjà eu une dizaine de demandes ces deux dernières semaines », et « quelques demandes hier, mais je ne sais pas si toutes les personnes concernées sont au courant », confient-ils.

Un remboursement partiel ou total selon les situations

L'assurance maladie rembourse 60 % du prix pour les femmes de moins de 26 ans, le reste à charge pouvant être couvert par la mutuelle. Pour les bénéficiaires de la C2S, le remboursement est de 100 %. Ce dispositif concerne deux protections par an et par personne.

Les jeunes rencontrées à Sète saluent l'initiative tout en pointant ses limites. Caroline, 24 ans, déclare : « Je trouve ça très bien. Je pense que toutes les protections périodiques devraient pouvoir être remboursées. Cela a l'avantage d'encourager les jeunes à acheter des protections réutilisables, c'est une bonne initiative. Même si deux par an, ce n'est pas assez. »

Marine, 21 ans, ajoute : « Franchement, je l'ai su parce que je l'ai vu passer sur les réseaux sociaux, mais personne n'a communiqué plus que ça sur le sujet. C'est super que ce soit mis en place, mais il y a quand même beaucoup de choses à revoir. Uniquement pour les moins de 26 ans et les plus précaires, ça n'a pas de sens. Les femmes ont leurs règles jusqu'à 50 ans, au moins. Et 19 € la culotte, on se rend compte ou pas ? C'est super cher ! »

Des avis partagés sur le prix et la fréquence de remboursement

Gaëtan, 19 ans, se montre mesuré : « J'en ai rapidement entendu parler. Je trouve que c'est une bonne chose même si je ne me rends pas compte si beaucoup de filles utilisent des protections réutilisables. » Saphia, 20 ans, est plus critique : « Franchement, c'est lunaire ces prix. Personnellement, je fais des allergies aux serviettes hygiéniques donc j'ai dû passer aux culottes de règles. J'en ai acheté huit sur un site en ligne, en promo, j'en ai eu pour plus de 70 €. C'est trop ! En plus, c'est limité à deux remboursées par an. Ils ne se rendent pas compte du besoin pour certaines femmes d'en avoir deux, voire trois par jour. »

Malgré ces réserves, toutes les jeunes filles interrogées iront chercher les deux protections auxquelles elles ont droit.

Des pharmaciens encore dans l'attente de précisions

Un pharmacien de Sète souligne : « C'est super pour toutes ces femmes, c'est une avancée pour le soin médical parce que les protections menstruelles ont un coût. » Cependant, il admet que des incertitudes demeurent : « On a quand même du mal à estimer à quel point elles vont être demandées. C'est encore flou, pour nous, de savoir si les deux protections ont déjà été récupérées ou non. On attend de voir comment les choses vont être mises en place aussi pour informer le mieux possible. »

Le dispositif ne concerne pour l'instant que les femmes de moins de 26 ans ou en situation précaire, alors que la ménopause survient en moyenne entre 45 et 55 ans. Avec un cycle de 3 à 6 jours chaque mois, deux protections réutilisables ne suffisent pas toujours à couvrir toute la durée du cycle. Les pharmaciens attendent des précisions pour mieux informer les patientes.