Précarité étudiante : 22% vivent avec moins de 100€ après loyer selon une enquête alarmante
Précarité étudiante : 22% avec moins de 100€ après loyer

Une précarité étudiante qui s'aggrave en France

Une enquête publiée ce mardi 24 février par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) révèle des chiffres alarmants sur la situation financière des étudiants français. Selon cette étude menée auprès de 5 644 étudiants en janvier et février, près d'un quart d'entre eux (22%) vivent avec moins de 100 euros par mois une fois leur loyer payé. Le constat est encore plus préoccupant lorsque l'on considère que 52% des étudiants disposent de moins de 200 euros mensuels après déduction de leur loyer.

Le poids écrasant du logement dans le budget étudiant

L'enquête met en lumière le poids considérable du logement dans les finances étudiantes. Le loyer moyen s'élève à 491 euros, atteignant même 712 euros à Paris, ce qui représente généralement la moitié du budget mensuel des étudiants. Cette situation contraint de nombreux jeunes à sacrifier d'autres dépenses essentielles, notamment dans les domaines de l'alimentation et de la santé.

Julien Meimon, président de l'association Linkee qui vient en aide aux étudiants précaires, explique : « Ils rognent les dépenses compressibles pour pouvoir survivre jusqu'à la fin du mois. » À Bordeaux, son association organise deux distributions alimentaires par semaine, témoignant de l'ampleur des besoins.

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La situation critique à Bordeaux

Dans la capitale girondine, la précarité étudiante prend une dimension particulièrement aiguë en raison de la forte tension immobilière. Théo Di Palma, étudiant en master 1 de Staps et président de l'Association territoriale des étudiants aquitains (Atena), partage son constat amer : « Nous sommes évidemment consternés, mais malheureusement pas étonnés par ces chiffres. »

Julien Meimon confirme cette réalité : « Tous connaissent des difficultés en termes de logement à Bordeaux. Lorsque l'on ouvre 1 000 places pour la distribution alimentaire, c'est pris en quinze minutes. » Il ajoute même que deux étudiants sur cinq rencontrent de très graves problèmes de logement dans la ville.

L'essor des épiceries solidaires

Face à cette précarité grandissante, les structures d'aide voient leur fréquentation exploser. Au Comptoir d'Aliénor, épicerie solidaire installée sur le campus de Talence et portée par la fédération Atena, le nombre de bénéficiaires est passé de 90 en octobre 2024 à 140 un an plus tard.

Fatine El Moutaki, étudiante en Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises, témoigne : « On a besoin du Comptoir pour vivre. Après avoir payé mes charges, il ne me reste que 215 euros pour boucler le mois, couvrir les courses, les loisirs et les autres dépenses. » Cette épicerie permet aux étudiants d'accéder à des denrées alimentaires et d'hygiène pour 10% à 30% du prix du marché.

Le manque de lisibilité des aides

Malgré l'existence de dispositifs d'aide, ceux-ci restent souvent méconnus des étudiants. Paloma Petiteau, étudiante en Sciences de la mer, a découvert le Comptoir d'Aliénor seulement l'année dernière : « Ça me permet de mettre un peu de côté. »

Son amie Romane, en double licence médecine-philosophie, raconte une expérience similaire : « J'ai découvert que j'étais éligible aux bourses au bout de ma troisième année d'études. » Théo Di Palma confirme ce problème de visibilité : « Il y a encore un gros manque de lisibilité sur les aides. » Il reconnaît toutefois certaines améliorations, comme la mise en place des repas à 1 euro pour tous les étudiants.

Des perspectives peu réjouissantes

Face à cette situation, les acteurs associatifs restent pessimistes quant à l'avenir. Julien Meimon exprime ses doutes : « Il est peu certain que le gouvernement soit en mesure de proposer les bonnes solutions, et les perspectives ne sont pas réjouissantes. »

Cette enquête de la Fage vient donc confirmer une réalité que les associations dénoncent depuis plusieurs années : la précarité étudiante ne cesse de s'aggraver en France, avec des conséquences directes sur la santé, l'alimentation et les conditions de vie des jeunes en formation.

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